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   SOS HUSKY  CHIENS POLAIRES

UN CHIEN DE MEUTE & DE TRAIT LOOKÉ LOUP AUX YEUX BLEUS
SOS HUSKY CHIENS DE TRAÎNEAU

 FASCINATION HUSKY: Alternatives à l'achat d'un chiot    voir ci-dessous
 LE HUSKY JETABLE: Y adhérez-vous?                              voir ci-dessous
 VIVE LES RETRAITÉS: l'art de la meute et de l'attelage   voir ci-dessous
Il vous fascine? Rappelez-vous
que posséder ne signifie pas aimer...
Il y a quelques années, la mode canine avait flashé sur le husky, en particuler sur son look de loup et le mythe de ses beaux yeux bleus (facteur pourtant secondaire dans la race dotée majoritairement de yeux bruns comme chez les humains), faisant le profit d'éleveurs peu scrupuleux attirés avant tout par un commerce très lucratif. Fort heureusement cette mode a diminué, suite à la prise de conscience du public de la particularité du husky qui n'est pas un chien à mettre entre toutes les mains: chien primitif, de meute, et d'attelage.

Sur un autre plan, celui des courses et de la compétion, on a assisté hélas à l'abandon de maints huskies devenus trop vieux et usés pour être capables de répondre au critère du chronomètre. Entre compagnon de vie, partenaire d'une escapade inoubliable ou objet utilitaire jetable, faites votre choix! Nous nous l'avons fait, et vous faisons partager nos connaissances et expériences en guise de matière à réflexion.
FASCINATION POUR LE HUSKY & CHIEN POLAIRE:
Alternatives à l'achat d'un chiot
CHIOT HUSKY
Imbibés que l'on est du matérialisme ambiant dans notre société de consommation, l'on a vite fait de compenser une envie ou aspiration d'être ou de paraître par un objet-emblème de cette aspiration. L'un s'achétera une voiture toute équipée comme faire-valoir, l'autre le dernier vêtement de marque à la mode, ou encore une tenue spécifique à une tribu représentant un syle de musique, de sport, de pensée, de vivre etc. Là où le bât blesse, c'est lorsque cet "objet" loin d'être une chose inanimée et sans vie, s'avère être un animal-emblème avec des besoins innés particuliers et un coeur sociable qui s'attache à sa famille et à son clan.
Notre Ekinox à 2 mois ©Jura escapades
Avant de craquer sur un chiot husky tout mignon tout plein, assurez-vous donc qu'il ne s'agit pas d'un animal-emblème pour vous et prenez connaissance avant tout de ses besoins innés ainsi que de sa nature profonde.

Surtout si l'éleveur visité vous rassure par rapport à vos préoccupations en se souciant de vendre ses "poupées" à un prix très lucratif. A titre indicatif, un chiot husky sans papier/pédigrée ne devrait pas être vendu plus de CHF 500.-
CHIOT HUSKY
Notre Inuit arrière-petit-fils de notre cheffe
©Jura escapades
et un chiot husky avec pédigrée (issu d'un élevage enregistré avec affixe et contrôlé) entre CHF 1500.- et CHF 2000.- selon la lignée des parents, leur conformité physique/mentale à la race husky, ainsi que l'absence de défauts tels que prognathisme, monorchidie, etc. A noter qu'un élevage avec affixe n'est pas nécessairement une garantie. Comme pour tout, cela dépend également selon le contexte de leur réputation et surtout de leur bon sens à privilégier la qualité à la quantité. Tout éleveur responsable et digne devrait également à mon sens se soucier du devenir des chiots husky qu'il a placés en se donnant un point d'honneur à récupérer ceux que leur propriétaire humain s'avère incapable à assumer, quitte à les replacer dans une nouvelle famille. Peu hélas s'acquittent de ce service-engagement après-vente souvent source de désagréments, préférant leur confort à la responsabilité de leur rôle. D'autres s'en chargent à leur place le coeur gros...
Nature & besoins innés du husky: Pouvez-vous y répondre?
Le husky sibérien est un chien de trait nordique appartenant à la catégorie des espèces canines dites primitives (soit, sociabilisé depuis bien longtemps par l'homme qu'il aime comme un membre respectable et protecteur de sa meute, mais dont l'instinct sauvage de chasse notamment reste à fleur de peau). Par rapport à cela, 4 points cruciaux doivent absolument être connus par tout futur acquéreur de husky qui devra adapter son mode de vie en fonction des besoins de ses huskies (et non l'inverse):
  • Chien primitif à l'insatiable instinct de chasse et de prospection
CHIENS DE TRAÎNEAU
    Notre Njinsky fils de l'unique portée de notre cheffe ©Jura escapades
  1. Un husky au mental primitif ne se lâche pas en pleine nature (et gare aux portes ou fenêtres ouvertes chez vous!) ou alors au risque potentiel de sa vie, de celle de gibier, ou de tiers (p.ex. accident de voiture, ...)
  2. Un husky s'ennuie enfermé dans un appartement. Son lieu de vie idéal est un parc à l'extérieur, non bétonné afin de lui permettre de creuser en simulant la chasse aux rongeurs. Cependant il adore retrouver une tanière confortable pour dormir, qui peut très bien être la vôtre!
  3. Gare à la fugue! Prévoir un enclos avec une bonne hauteur (voire avec des revers internes pour les sauteurs-grimpeurs) ainsi que des protections anti-creusage au bas des grilles
  4. C'est cet instinct de chasse et de prospection qui est à l'origine de son irrésistible besoin de trotter/courir en meute à la découverte de nouveaux territoires de chasse
  5. Son métabolisme est conçu pour absorber de la nourriture carnée prioritairement
  • Chien de meute ayant la phobie de la solitude et l'esprit de clan
HUSKY SUISSE
      Odessa petite-fille de notre cheffe & son chéri Ekinox ©Jura escapades
  1. L'instinct social et identitaire du husky est de vivre en meute. Un éleveur soucieux du devenir de ses chiots à vendre devrait toujours les placer par 2 minimum, ou alors auprès d'un ou plusieurs autre/s adulte/s. Faute de mieux, vous pouvez vous substituer au compagnon de meute manquant, mais tant qu'à faire optez plutôt pour une autre race! Il y en a bien d'autres qui sont au contraire exclusives.
  2. La phobie de la solitude chez le husky peut s'exprimer de diverses manières:
- fugues à répétition,
- apathie et déprime voire prise de poids,
- gémissements et hurlements interminables pouvant devenir chroniques,
- marquage intensif du territoire avec urine et excréments souvent liquéfiés avec le stress 
- hyperactivité et crises de destruction (pour info, j'ai surnommé une des chiennes que j'ai récupérée après 2 abandons "Machoires d'aciers". Elle m'a témoigné son désespoir passé pendant plusieurs semaines en s'attaquant avec une obstination chronique et maladive à toute forme de grillage avec des résultats impressionnants. Après quelque temps dans ma meute, elle ne l'a plus jamais fait)
      3. Ne pas oublier non plus qu'un husky qui ne s'exprime pas, n'en souffre pas
moins pour autant du stress de la solitude
  • Chien de trait avec un irrésistible besoin de tracter/trotter/courir
HUSKY SUISSE
La dite "Mâchoires d'acier" & son frère recueillis dans notre meute ©Jura escapades
  1. Lorsqu’un husky avance, il tire, car il est construit pour propulser ses pattes arrières sur le mode de la traction, un peu comme le kangourou, lui, est construit pour bondir. Inutile donc de le brimer en lui imposant de marcher au pied et en diabolisant son instinct moteur et son plaisir de tracter.
  2. Tout husky découvre profondément le sens de sa vie lorsqu' à 1 an ou plus il a le bonheur d'être attelé pour la première fois en compagnie de ses frères de meute. Cet instant magique touche à des racines profondes allant du jeune loup qui chasse en meute pour la première fois, au jeune chien-loup offrant fièrement ses services à son partenaire homme en faisant don de sa capacité de traction en échange de nourriture, bons soins et protection.
  3. Vous ne souhaitez pas faire d'attelage? Alors pourquoi prendre un chien de trait? Car un sourd qui s'achète un poste de radio est seul à être lésé, mais dans ce cas précis ce sera votre futur husky qui risque à vos dépends de vous le faire payer ou du moins de le subir lui-même, pensez-y!
  • Chien nordique à l'énergie et physiologie adaptés au frais et froid
CHIENS DE TRAÎNEAU
   Nefertiti fille de notre cheffe avec le surnommé Nounours ©Jura escapades
  1. Le husky, en tant que nordique, possède une énergie de type inverse à celle des moustiques... Plus il fait froid, plus il vrombit! et plus son besoin insatiable de tracter/trotter le démange. C'est pourquoi il est conseillé de pratiquer des sorties d'attelage sur les saisons fraîches de printemps/automne/hiver. Donc bienvenus à celles et ceux qui aiment le frais et le froid...
  2. Tout chien nordique est hypersensible à la chaleur, et ce quand bien même il a la faculté de s’y adapter admirablement (en tant qu'animal originaire de régions extrêmes où les températures peuvent osciller à l'extrême et à l'opposé entre le long hiver et court été). C'est pourquoi, il ne faut jamais faire de l'attelage en période chaude, ce qui peut entraîner un coup de chaleur parfois mortel, voire une incidence utlérieure au niveau rénal.
  3. Si vous êtes un féru de sport et de courses d'été, oubliez donc le husky! Car l'été est sa période de vacances où il récupère des efforts effectués tout au long de l'année, en se la coulant douce avec des petites randos à pied en forêt et bain de soleil au parc...
    Au vu de cela, la grande question qui demeure pour celles et ceux qui souhaitent acquérir un chiot husky est la suivante: A quoi faut-il faire attention lors de votre choix? A vous-même tout d’abord...

Etes-vous bien sûr de votre engagement? Avez-vous pris en compte tous les aspects de votre vie: travail, couple voire enfants, etc.?  Un husky c'est 15 ans de vie commune et d’un  certain  mode  de  vie  que  vous  devrez  épouser  pour  leur  bien-être  et  le  vôtre
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accessoirement. Car un husky malheureux devient vite infernal, et votre motivation de départ pourrait flancher aussi vite qu'elle est apparue... Sans compter les tristes conséquences pour votre compagnon abandonné à son sort. Si malgré cela vous êtes toujours motivé, c'est que vous avez une tête aussi dure que vos futurs compagnons nordiques, c'est bon signe!
Notre surnommé Médaille d'or
le jour où on est allé le recueillir   VOIR REPORTAGE DE RFJ EN CLIQUANT ICI
    De notre côté, nous avons fait le choix d'un élevage de husky à titre exclusivement privé, sans vente, pour éviter le désastre de mauvais placements, mais également pour vivre le bonheur des parents husky voyant leur progéniture grandir et les entourer avec amour. Notre but étant de permettre la relève de notre meute, en conservant et fixant au travers des générations l'extraordinaire physique et mental de chienne de tête de notre cheffe de meute.

Ce faisant,  notre meute est actuellement constituée de  quatre générations  vivants sous le
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même toît, allant de l'arrière-grand-mère aux arrière-petits-enfants, et de trois générations de chiens de tête actifs (la cheffe étant à la retraite à ce jour).  Sans compter nos chers adoptés que nous avons récupérés pour leur offrir une nouvelle famille à la fois canine et humaine et qui font partie intégrante de la meute amenant leur touche parfois originale (je défie quiconque de les distinguer parmi la meute, sauf peut-être notre croisé husky-berger belge hyperactif avec son look unique, oreilles mi-dressées et billes bleues pétantes, qui fait craquer tout le monde - VOIR PHOTO CI-DROITE)
   ARTICLE & PHOTOS ©Jura escapades, A.Duflon, mars 2016
Alternatives à l'achat d'un chiot:  Vivez votre passion du husky!
HUSKY SUISSE
Vous êtes passionné de husky ou autre chien nordique, et par amour pour eux vous ne souhaitez pas en acquérir au risque de leur faire subir un mode de vie inadapté à leurs besoins et nature profonde, ou encore un abandon lié à votre incapacité de vous en occuper convenablement? N'abandonnez pas votre passion pour si peu!
  Notre surnommé Blabla recueilli et intégré avec succès
dans la meute ©Jura escapades
    Il y a plein d'alternatives qui s'offrent à vous en tant que consom'acteur! Nul besoin de posséder à tout prix. Vous pouvez par exemple vous faire plaisir et exprimer activement votre amour du Husky en choisissant de : 

  • Soutenir cette belle association de Carine Mettraux en devenant membre:
Témoignage d'une "marraine comblée" - Sylvie & son cher Igloolik :
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Il y a 5 ans , j'ai fait ma première rencontre avec Jura Escapades et ses Huskys. Assez rapidement, est née une vraie passion. Prendre un husky? NON. A la naissance des arrière-petits-enfants de la cheffe de meute, j'ai eu le privilège de parrainer un des petits loulous. Quel bonheur de pouvoir vivre toutes ces belles aventures avec "mon" Gloogloo : première balade hors du parc, huskysafari, huskybike ou encore première sortie traîneau, sans compter les nombreux bains de meute et câlins. Après avoir vécu tous ces merveilleux moments, en le quittant, je sais qu'il est heureux là ou il est : au sein de sa meute et pour moi c'est l'essentiel. Une marraine comblée !
  • Opter pour une ESCAPADE HUSKY DE SAISON afin de vivre pleinement un moment inoubliable en compagnie de notre meute. Notre meute étant une meute moderne qui "chasse" ses moyens de subsistance en vous proposant des escapades à l'année, ou possible également AncreBon cadeau Husky :
  PRINTEMPS / AUTOMNE             ETE / ETE INDIEN              HIVER
Alors n'hésitez plus et faites-vous plaisir tout
en participant à une bonne action!


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CHIENS DE TRAINEAU
LE HUSKY COMME OBJET UTILITAIRE JETABLE:
Y adhérez-vous? Défense d'un sujet-partenaire de vie
Dans notre ère industrielle favorisant la production/consommation d'objets non durables propices à la croissance de cette même production/consommation - les objets étant achetés et renouvelés en permanence - le husky devenu inutile, dérangeant ou vieux n'échappe hélas pas à cette mode du tout consommable/jetable.

Il ne s'agit bien entendu pas de généraliser en pointant du doigt comme responsable de cette situation tel ou tel domaine d'activité. Cependant, on peut distinguer quatre domaines phares dont les acteurs, s'ils s'avèrent irresponsables par appât du gain ou attrait de la victoire ou encore de l'exploit, participent à l'instrumentalisation du husky en un objet utilitaire* tantôt rentable (élevage et structure touristique), ou flattant l'ego (compétition de course et expédition visant le recors ou l'exploit).
     A mon sens il y a dérive dans ce secteur lorsque l'éleveur guidé par la cupidité se laisse tenter par une production intensive. Plus d'une portée de husky par année me semble excessif, à moins d'être une référence phare dans le domaine ce qui permet d'assurer avant même que les chiots soient nés la prévente de ces derniers auprès d'un large panel de demandes pouvant être sélectionnées drastiquement comme il se doit pour des races exigeant un tel engagement de vie de la part du futur acquéreur. Surtout que les chiots husky non vendus à 2-3 mois deviennent difficilement plaçables, ce qui entraîne souvent l'éleveur à les céder au premier venu...

Par ailleurs, lorsqu'un éleveur présente ses chiots husky comme de futures poupées de compagnie, il trompe fortement le futur acquéreur pas toujours bien renseigné sur les besoins innés et la nature profonde de la race. Ce faisant, il participe en partie aux futurs abandons de huskies par leur propriétaire dépassé qui n'arrive plus à faire face en harmonie avec son mode de vie au caractère infernal de son husky simplement mal dans sa peau. La triste réalité des huskies qui remplissent les refuges, spa ou autres associations bienfaitrices n'est hélas pas un mythe! Et tous n'ont pas la chance de retrouver une famille qui saura les aimer à leur mesure, se faisant parfois euthanasier jeunes, devenus fous ou atteints de tics chroniques par désespoir.

Comme mentionné ci-dessus (§ Alternatives à l’achat d’un chiot), tout éleveur responsable et digne de ce nom devrait à mon sens se soucier du devenir des chiots husky qu'il place en se donnant un point d'honneur à récupérer ceux que leur propriétaire humain s'avère incapable à assumer, quitte à les replacer dans une nouvelle famille. Ce faisant, leur production de chiots serait d’office bien réfléchie, les répercussions d’une production menée à la légère leur revenant sans tarder en pleine face comme un boomerang. Peu hélas s'acquittent de ce service-engagement après-vente souvent source de désagréments, préférant leur confort à la responsabilité de leur rôle. D'autres s'en chargent à leur place le coeur gros...

Sur un autre plan, certains éleveurs n'hésitent pas à exploiter leur/s lice/s (femelle d'élevage) ainsi que leur/s étalon/s en les faisant se reproduire à outrance, année après année, les réduisant à une boîte à ovule ou à une pompe à spermatozoïdes. Ces chiens, usés avec les années, voient leur espérance de vie limitée (surtout pour les femelles) ou encore leur mental et instinct dénaturés (surtout pour les mâles qui sautent sur tout ce qui bouge...). Sachant par ailleurs qu'à partir d'un certain âge une femelle ne peut plus sans risque pour sa vie être fécondée, et un mâle devenant progressivement moins fertile voire stérile avec l'âge, je vous laisse imaginer le destin de ces retraités dont la productivité devient moindre...

Alors STOP à la production irresponsable de chiots! En tant que consom'acteur vous avez la possibilité de contrer cela en exprimant votre indignement, mais aussi en étant hyper attentif et soucieux en tant que futur acquéreur de huskies (voir paragraphe ci-dessus concernant la phobie de la solitude et l'esprit de clan du husky où il est fait mention d'adopter le husky en meute de 2 minimum) de sélectionner exclusivement un élevage sérieux vous renseignant avec justesse sur la race et ce qu'elle implique comme mode de vie, et ne proposant qu'une production limitée de chiots, tout en laissant le temps à leur femelle d'élevage de récupérer et de se reposer après une portée. L’éleveur devrait également se porter garant de récupérer votre husky (quitte à le replacer ultérieurement) dans le cas où pour diverses raisons vous ne seriez plus en mesure de prendre convenablement soin de lui.
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Compétition & expédition:

    Ces deux secteurs, regroupant maints passionnés, ne sont pas épargnés pour autant par l'abus parfois grave. Ils ont cela en commun que leurs acteurs privilégient des huskies capables de se dépasser à l'extrême sur le plan physique et mental, le but visé étant d'atteindre le record chrono ou l'exploit (du moins pour celles et ceux qui ne pratiquent pas en dilettante par pur plaisir).

Concernant la compétition de vitesse (puisque le critère mis en avant à ce jour est hélas toujours et encore le chronomètre) je ne peux m'empêcher tout d'abord d'aborder brièvement l'expérience faite avec ma meute à l'attelage, où j'ai pris conscience des deux instincts de base du chien nordique attelé. Le premier fort connu est l'instinct de chasse/prospection (à l'origine de leur plaisir de courir en meute et inversément de leur ennui à tourner en rond comme des poneys de manège). Le second, malheureusement trop peu reconnu et médiatisé à ce jour est l'instinct de conservation d'énergie, propre à tous les animaux originaires de régions extêmes (p.ex. le dromadaire, l'ours blanc, ou encore plus parlant le guépard. Ce dernier pouvant atteindre des pointes jusqu'à 110km/heure en pleine chasse - logique de la perte d'énergie contre un gain d'énergie étant la proie visée destinée à le nourrir - ne se déplace pas pour autant sans but comme une bombe dans la savane. Au contraire, son rythme de déplacement naturel vise la perte minimale et la conservation d'énergie pouvant lui sauver la vie en cas de coup dur d'ordre météorologique ou autre). L'instinct de conservation d'énergie du chien nordique est à l'origine de son point faible en tant que sprinter, mais point fort en tant que tracteur/trotteur sur de longues distances. Si vous souhaitez faire du sprint avec des chiens nordiques, votre point de départ consistera donc à casser encore et encore leur instinct primaire de conservation d'énergie afin d'améliorer votre score.* Je vous laisse en tirer vos propres conclusions.
Personnellement je perçois mes huskies à l'attelage avant tout comme des chiens de trait au rythme variable (et non de vitesse), pouvant tantôt speeder ou trotter, ralentir ou accélérer selon le terrain, la température, la distance parcourue, le poids tracté, et enfin l'attrait des odeurs ou autres rencontres alléchantes faites durant le parcours.

J'ai coutume de dire qu'il n'y a pas de mauvais chiens, seulement de mauvais entraîneurs, le but de ces derniers étant de mettre en valeur les qualités de chacun des participants de son équipe. L'un se révélera de par son physique plutôt tracteur/trotteur, l'autre plutôt tracteur/galopeur. Qui sommes-nous pour dévaloriser voire rejeter le premier au nom d'un postulat humain plaçant le chronomètre comme référence vis-à-vis d'animaux de trait/rythme? Hélas, le domaine de la compétition a été et reste encore à l'origine de maints huskies en pleine santé rejetés et abandonnés sous prétexte de leur inaptitude (p.ex. individu inapte rejeté, ou carrément meute entière remplacée par des Alaskans plus rapides). Leur seul défaut à mon sens est de ne pas correspondre aux exigences ignorantes et à l'ego démesuré de leur compagnon humain.

Il faut savoir également que certains individus husky pourtant inaptes physiquement à tenir un rythme soutenu sans intervalles plus lentes de récupération, fous d'amour pour leur partenaire humain sont capables de littéralement s'abîmer physiquement (déchirement de ligaments, etc.) voire de s'user jusqu'à la mort de manière extrême. Un musher a fait scandale en Suisse, lorsque pris en photo et filmé à son insu par un particulier lors d'une course il a été pris en flagrant délit de frapper ses chiens épuisés afin de les encourager à sa manière à reprendre un rythme plus soutenu pour atteindre la ligne d'arrivée dans les temps escomptés. Fort heureusement, tous les compétiteurs ne sont pas ainsi! J'ai en tête l'exemple d'une amie qui, après avoir constaté des soucis de santé sur son chien de tête adoré, a préféré stopper net la compétition, plutôt que de mettre en péril son compagnon d'attelage, ou de le laisser en permanence en retrait de la meute lors des entraînements et courses. Après une pause et plusieurs examens vétérinaires, elle a pu à nouveau atteler son chien de tête, qui le lui a bien rendu, ayant raflé plusieurs podiums. Elle avait les yeux en larmes à l'arrivée...

On peut facilement adapter ces remarques au domaine des expéditions à exploit, à cela près que l'entraînement des chiens ne vise pas la vitesse mais la résistance maximale à des conditions et distance à parcourir extrêmes. A cela prêt que les malheureux sélectionnés qui ne tiennent pas le rythme sur place risquent bien souvent leur vie, à moins d'une logistique de sauvetage possible et extrêmement bien organisée à l'avance.

Au-delà des chiens exploités à outrance dans leur jeunesse, et des répercussions sur la suite de leur vie risquant d'être raccourcie avant l'heure, reste à nouveau la préoccupation des vieux faiblissant avec l'âge. Certains n'hésitent pas à abréger leur vie prématurément ou à s'en séparer auprès d'un tiers au lieu de leur offrir une douce retraite bien méritée, certes onéreuse sans parler du "souci" de la place avec la relève des jeunes.
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Tourisme & meute:

     Ce sujet me touche de prêt puisque je suis directement concernée, proposant des escapades de saison à l'année avec ma meute de huskies. Et alors, pourquoi chercher la brindille dans l'oeil du domaine des autres sans voir la poutre apparente dans celui de mon secteur... Soyons cohérents! D'autant plus que ce domaine touche à la fois des abus potentiels au niveau de la pratique de l'attelage, mais parfois aussi au niveau de l'élevage de husky (voir chapitre ci-dessus), puisque certains n'hésitent pas à cumuler les deux. Je relèverai principalement quatre types d'abus dont il me semble essentiel de parler:

     1° la nature inadaptée des offres touristiques / pratiques d'attelage correspondantes;
     2° la cadence inadaptée imposée aux chiens de trait;
     3° la gestion inadaptée de la meute, que ce soit sur le plan:
- des soins hygiéniques et médicaux,
- de la cohésion de la meute (entente et complicité entre les chiens),
- du respect des chiens malades, vieux ou affaiblis;
     4° la construction trop rapide ou à trop grande échelle d'une meute


     1° Au chapitre Compétition/expédition (voir ci-dessus) j'ai mentionné en détail les deux instincts de base que j'ai observés chez mes huskies à l'attelage, l'instinct de chasse/prospection et celui de conservation d'énergie. Si ce dernier peut poser problème dans le cadre des compétitions, c'est bien plutôt du premier qu'il s'agit dans le domaine du tourisme. En effet, maints prestataires soucieux de productivité et favorisant la quantité à la qualité proposent dans leur offre de tout petits tours d'attelage en boucles répétées (1-2km), faisant tourner leurs huskies comme des poneys de manège (je n'ose même pas dire comment on appelle cela dans le milieu par crainte de choquer certains. Et puis zut pour la censure! Les mushers agacés par cela parlent vulgairement de "promène-couillon"). Cela m'a toujours fait penser à Brel qui scande Au suivant! dans l'une de ses chansons. Cette pratique, certes très lucrative, a pour principal défaut de très vite soûler voire assomer nos chers compagnons de trait prédateurs, au point que, devenant insupportable pour eux ils en soient dégoûtés de l'attelage et de son attrait initial. Ne dit-on pas de quelque-chose d'ennuyeux que c'est mortel? Ce type de pratique l'est en tout cas pour leur plaisir de tracter/trotter/courir en meute. N'oubliez pas que ce qui est totalement rassurant pour une proie sur le plan instinctif comme un poney de manège, est complétement fade et monotone pour un chasseur-prospecteur.

 Un autre problème concerne les prestataires ne proposant des offres que sur la période hivernale. Si certains particuliers le font à titre d'amateur, à côté de leurs propres sorties d'attelage durant les saisons fraîches (printemps/automne/hiver), d'autres amateurs ou professionnels possédant une meute conséquente n'hésitent pas à atteler leurs chiens de trait exclusivement sur la période hivernale très lucrative (la demande étant en hausse permanente) et ne se soucient plus de les sortir le reste de l'année, ceux-ci restant confinés dans leur parc ou chenil comme de vulgaires motononeiges mises au garage en fin de saison. Les pauvres chiens surexploités sur une saison, se voient alors mis au rebut. Je vous laisse imaginer les conséquances pour leur physique et leur mental.


    2° Nos chiens de trait sont des êtres vivants, ayant besoin comme tout mammifère de repos et de pauses pour récupérer des efforts fournis. Hélas, certains n'hésitent pas à leur imposer une cadence de travail (dérivé du latin trepalium synonyme de punition et torture... car à ce niveau-là on ne parle plus de plaisir d'être attelé) les épuisant sur le plan physique et les assomant littéralement sur le plan mental. Les chiens, usés année après année voient leur douce retraite bien compromise d'avance, en partant du principe encore qu'ils pouvaient en espérer une...

A ce propos, je vous laisse méditer sur un fait divers immonde et intolérable qui a choqué l'opinion publique large à la ronde, et qui, fort heureusement, est loin d'être répandu dans le milieu à cette ampleur-là. Lien huskies massacrés au Canada: http://www.30millionsdamis.fr/actualites/article/2707-canada-enquete-sur-un-massacre-de-chiens-husky-utilises-lors-des-jo-dhiver


    3° La gestion d'une meute de huskies n'est pas une simple affaire, et nécessite une quantité de connaissances et d'expériences pratiques qui ne s'apprennent pas en deux jours. Plus le nombre d'individus dans la meute sera élevé, plus la gestion correspondante sera complexe, nécessitant une présence, un don de soi au service de la meute et des tâches multiples qui feraient pâlir un moine ayant fait voeux d'abnégation pour servir son Père. On s'imagine donc très aisément que certains par manque de formation ou par fainéantise (car dans ce domaine on n'a pas le droit à la fatigue) manquent à leur devoir premier de prendre soin de ceux qu'il a accueillis dans sa famille. Or, ces derniers n'ont pas demandé à faire partie de cette famille-là, ni à offrir leur liberté en partage à un individu indigne de ce don (le don de cette liberté s'étant faite par étape lors de l'apprivoisement et sociabilisation du chien-loup par l'homme en échange de nourriture, bons soins et protection. Voir chapitre ci-dessous Hiérarchie, vieux & meute: La recette d'une sage cohésion).

Prisonniers de leur enclos ou chenil, et victimes d'un gestionnaire humain mal à son affaire, ou pire souvent absent, ils sont abandonnés à leur triste sort. Sur le plan hygiénique et médical, ils n'ont même pas la possibilité d'aller chercher en pleine nature, ce que cette dernière offre à leurs compères sauvages. Plus grave encore, limités dans leur territoire par leur enclos ou chenil, les éventuels malades, affaiblis ou bannis de la meute n'ont pas la possibilité si nécessaire de se soustraire à la meute, voire de quitter celle-ci pour en rejoindre une autre éventuellement. Dans le pire des cas, et sans intervention humaine, ce type de conflit peut se résoudre par la mise à mort d'un individu banni (les autres lui ayant exprimé à plusieurs reprises son bannissement, et celui-ci n'ayant pas respecté la sentence, malgré son impossibilité évidente de le faire). Les chiens en meute ne sont ni gentils ni méchants par nature. L'entente et la complicité entre eux dépendra des choix stratégiques effectués par leur compagnon humain (un peu comme un roi, président ou autre élu le ferait avec ses sujets ou citoyens sur le plan politique) pour autant qu'il les fasse...


    4° Sur un autre plan, celui de la construction ou création d’une meute, une grave erreur hélas couramment répandue est à la base de meutes instables où règne une concurrence malsaine et une confusion hiérarchique entre individus, toutes deux sources de tensions et de bagarres pouvant dégénérer à tout moment. Cette erreur consiste à vouloir brûler les étapes en montant une meute conséquente à la va-vite (p.ex. pour des raisons commerciales). Certains le font en mélangeant des individus du même âge, ou d’âge trop rapproché (voir chapitre ci-dessous Hiérarchie, vieux & meute: La recette d'une sage cohésion soulignant le rôle clé des paliers d’âge et des vieux dans la meute). D’autres brûlent les étapes en regroupant un trop grand nombre d’individus étrangers qui ne partagent aucun lien social passé entre eux, sans laisser le temps à ces liens sociaux de se tisser progressivement parmi un noyau de base de taille raisonnable, avant d’élargir petit à petit ce noyau. Une meute devrait en effet se construire comme les racines d’un arbre qui se développent et se consolident avec les années qui passent.

Sans parler des propriétaires de meute mégalomanes qui voyant à trop grande échelle (format industriel basé sur la productivité) optent pour une fausse solution de facilité en séparant totalement leurs chiens sur le plan social. Combien de meutes ai-je vues en Alaska (jusqu’à 400 individus et plus) sans aucun parc commun, où les individus sont simplement mis à l’attache isolément côte à côte, n’ayant le bonheur de se dégourdir les pattes que lors des sorties d’attelage. Les tensions et conflits entre individus ne pouvant alors s’exprimer que lors de ces sorties d’équipe, je vous laisse imaginer les dérapages qui en découlent (certains mushers en ont perdu des doigts en tentant de séparer deux rivaux acharnés, ou pire un malheureux pris dans une mêlée tel un fusible servant à décharger une tension explosive). C’est vraiment regrettable lorsque l’on sait que le husky (éminemment évolué sur le plan social comme son frère sauvage le loup) a pour instinct de base de résoudre les conflits entre individus avant tout par des mimiques de combat voire des morsures inhibées.

Ce type de meute, reposant sur des bases hiérarchiques instables voire inexistantes, sont à mon sens de vraies bombes à retardement où la loi du plus tyrannique règne. Or le « fort » dans une meute où la hiérarchie est harmonieusement établie n’est pas celui qui écrase sadiquement les autres, mais celui qui occupe une place privilégiée en échange de ses bons services de gestionnaire de groupe, soit qui a le don pour délimiter le rôle et la place de chaque individu dans la meute en vue d’une meute forte, soudée, apte à survivre et à se développer pour le meilleur profit de tous. Combien d’humains apprentis gestionnaires de meute ont tout abandonné par découragement, persuadés encore à ce jour que les chiens en meute sont décidément bien féroces !... Hélas, encore une fois, ceux qui en paient les pots cassés sont les malheureux chiens abandonnés à leur sort que d’autres humains, le cœur gros, recueillent en faisant de leur mieux pour réapprendre à ces individus socialement « dégénérés » les bienfaits du partage et d’une cohésion sociale saine.

ARTICLE & PHOTOS ©Jura escapades, A.Duflon, mars 2016
Le husky discount jetable :
Du consommateur abusé « à l’insu de son plein gré » au consom’acteur avisé
Au-delà des 4 secteurs abordés ci-dessus, un acteur anonyme possède un pouvoir dont il n’imagine pas la force et l’influence, se croyant souvent seul, devenu parfois désabusé à force d’agir à sa minuscule mesure, ou encore titillé par son intérêt personnel et se lavant mains et conscience en agissant comme une foule d’autres (c’est bien connu, en démocratie le plus grand nombre a toujours raison!). Il s’agit du consommateur qui par ses choix de consommation aura une influence énorme sur la production/offre proposée. Un éleveur irresponsable produisant du chiot husky en masse aura-t-il toujours la même motivation s’il ne trouve plus de clients prêts à lui acheter ses « jolies poupées » pour prendre un exemple parlant ? Le souci est que la consommation avisée où le consommateur agit en connaissance de cause en faveur de la protection animale a bel et bien un coût. Qui ne sera pas tenté dans notre société de consommation/production de masse par choisir, autre exemple, une sortie à traîneau 50% moins chère? Or, ce genre de choix a bel et bien une répercussion (animal exploité, nourri-soigné-géré de manière inappropriée, etc.). A notre époque où la communication se fait à large échelle et où l’information est facile d’accès, on ne peut prétendre ne pas savoir ou agir « à l’insu de son plein gré » comme l’a affirmé un cycliste réputé pris en flagrant délit de dopage. Entre le husky discount jetable et le husky partenaire de vie à vous donc de faire votre choix…
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Que personne ne se méprenne, avec cet article je n'ai nullement l'intention de juger les autres en me plaçant sur un îlot d'irreprochabilité et de perfection. D'autant plus que dans ce domaine l'apprentissage demeure continu et sans fin. Chacun à son niveau peut améliorer avec les années, l'expérience et un minimum de bonne volonté sa gestion
HUSKY MEUTE
de meute et sa pratique de l'attelage. Cet article vise avant tout à mettre en lumière l'univers spécifique du chien de trait nordique, et à mettre le doigt sur des abus que tous devraient combattre, afin de limiter la maltraitance et/ou les abandons de huskies et autres chiens nordiques. Et surtout de les repositionner à la place qui leur revient, celle d'un sujet-partenaire de clan/meute et d'attelage, et non d'un objet utilitaire jetable. Ne dit-on pas que le chien est le meilleur ami de l'homme? Si vous en doutez encore, comment appelleriez-vous alors un ami capable de se sacrifier jusqu'à la mort par amour et fidélité pour vous? Il me semble donc crucial que tout détenteur de huskies apprenne à adapter ses exigences à la nature de ces derniers (et non l'inverse) dans une approche que l'on peut qualifier d'éthologique (très répandue dans le milieu chevalin à ce jour).
ARTICLE & PHOTOS ©Jura escapades, A.Duflon, mars 2016


SOS HUSKY - CHIENS POLAIRES
SOS HUSKY
CHIENS POLAIRES
De tout coeur à vie...
Husky passionnément
VIVE LES RETRAITÉS! A BAS LE JEUNISME:
Rôle clé & prépondérance des vieux dans la meute & à l'attelage
HUSKY SUISSE
A notre époque où la course au paraître jeune est quasiment généralisée, et où les "vieux" sont dévalorisés pour leur baisse de productivité, leur savoir apparemment obsolète,  et leur coût au niveau des assurances sociales,  l'on peut se demander s'il est
vraiment de bon goût ou même pertinent d'aborder la défense des vieux chiens husky. Après tout, il ne s'agit que d'un animal à l'espèrance de vie moindre par rapport à celle des humains (environ 15 ans pour le husky), et dans l'optique de la majorité ne pesant pas le même poids dans la balance des valeurs de la vie selon les espèces, races ou autres critères sélectifs. Après tout, le paysan ne mène-t-il pas son ancienne meilleure vache à l'abattoir une fois celle-ci devenue stérile, définitivement tarie et à charge sans contrepartie au nom d'un troupeau productif et rentable? Pourquoi n'en serait-il pas de même pour le chien husky?
En effet, favoriser le devenir vieux d'un animal (soins et choix stratégiques participant à sa durabilité tout au long de sa vie) a un coût,  sans compter l'explosion des coûts inévitable - et sans retour rentable sur investissement - lors de
HUSKY & BELLE RETRAITE
son entrée effective dans ce que l'on nomme le 3ème âge. Est-ce là uniquement oeuvre de charité, utopie d'âmes bêlantes et dégoulinantes de bons sentiments, ou encore luxe de nantis? Convaincue qu'il n'en est pas le cas, et ayant eu l'occasion d'observer de manière concrète et pratique au quotidien l'utilité... que dis-je, le rôle nécessaire et primordial joué par les ancêtres husky dans la meute et à l'attelage, je tiens à en faire part et à témoigner en leur nom. Cet article s'adresse donc prioritairement à tous ceux qui pensent que leurs vieux huskies sont inutiles et dispendieux à perte et qu'il ne vaut pas la peine de faire d'efforts pour permettre voir favoriser leur longévité et leur sauvegarde au sein de la meute.
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Cinq points sont à garder en mémoire si l'on veut délimiter correctement la problèmatique des vieux huskies en l'abordant de manière pragmatique sous l'angle des coûts et charges qu'ils représentent :
HUSKY
Le coût sans retour rentable d'un individu devenu stérile, improductif et s'affaiblissant toujours plus
Un husky devenu vieux perd toute rentabilité puisqu'il n'est plus apte à produire physiquement ce qu'il a offert en partage à son partenaire humain sa vie durant. Une chienne ne pourra plus produire de chiots pour son humain éleveur, l'étalon devient souvent stérile (à savoir qu'une saillie sur une chienne externe à l'élevage se vend le prix d'un chiot, soit entre CHF 1000.- à CHF 2000.- selon le mâle), tandis que sur le plan de l'attelage le vieux husky ne peut plus suivre le rythme des jeunes ni tracter bien longtemps sans s'épuiser, et devient donc inutilisable pour des sorties à fin touristique, de compétition voire encore d'exploration à exploit.

Dans cette optique, les vieux ne rapportant plus rien au niveau productif/rentable, le rapport donnant-donnant se déséquilibre: les vieux deviennent à charge sans aucune contrepartie ou retour sur investissement. Si la grande majorité accepte sans sourciller ce type de déséquilibre en investissant sur des chiots ou de jeunes chiens prometteurs en devenir (certains ne le font même pas, préférant acquérir directement des adultes rentables de suite...), tous et de loin ne sont pas disposés à en faire de même avec des vieux devenus non seulement inutiles mais à leur charge à perte. Un choix discutable auquel nous n'adhérons pas du tout.
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L'explosion des coûts au niveau de la santé et des soins y relatifs une fois l'animal devenu vieux
La charge à perte que représentent les vieux huskies est bien souvent supérieure à celle qu'ils représentaient quand ils étaient plus jeunes, actifs et rentables. Les frais vétérinaires sont démultipliés, rapport aux inévitables petits bobos de l'âge (ce qui représente encore de moindre frais), mais surtout aux possibles interventions chirurgicales dues à telle dégénérescence ou pathologie physique (là le budget explose carrément!). Cela peut être par exemple la stérilisation d'une femelle pour éviter le développement malin d'une tumeur sur une tétine, ou le risque de piomètre, ou encore une intervention dentaire pour soulager la douleur et éviter un risque d'infection. Si l'on compare cela avec la problèmatique des assurances maladies dans notre société humaine, on aura tôt fait de comprendre le rapport entre la vieillesse et les coûts de la santé.

En bref donc, les vieux huskies non seulement ne rapportent plus rien sur le plan productif, mais coûtent plus chers que leurs compères jeunes et actifs. Il n'est pas difficile de comprendre donc la logique de certains qui préfèrent se défiler une fois leurs huskies devenus vieux, les laissant lâchement à leurs douleurs en laissant soi-disant faire Mère nature (sauf que dans la vie sauvage, certaines plantes choisies servent de remèdes), en les abandonnant (le refuge SOS CHIENS POLAIRES de Carine est rempli de vieux huskies...), ou encore en les faisant enthanasier de manière prècoce dès l'apparition du premier problème de santé.
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Le problème de la place à disposition avec la relève des jeunes et l'agrandissement de la meute
L'arrivée des vieux huskies à la retraite implique leur remplacement par de plus jeunes actifs si l'atteleur ou encore l'éleveur souhaite poursuivre ses activités. Or, pour envisager la relève des vieux il faut de la place. Bien souvent, chez les gestionnaires de meute novices cet espace n'a pas été pensé ou programmé à l'avance (la durée de vie estimée d'un husky étant tellement courte par rapport à celle d'un humain). Ce dernier se retrouve donc, au moment de la mise à la retraite de ses premiers vieux, face à un dilemne: agrandir et aménager ses infrastructures (chenils, parc, etc.) en les adaptant à cette nouvelle donne (ce qui implique une démarche très onéreuse), ou que faire? L'option de facilité peut alors résider dans le choix de replacer les vieux dans une nouvelle famille (beaucoup le font dans le domaine de la compétition), si ce n'est pas, hélas, de les abandonner dans un refuge ou encore de les renvoyer à Mère nature de manière précoce en les faisant euthanasier au premier bobo venu.
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Le problème du temps à disposition entre la gestion des huskies actifs et celle différente des retraités
Ce sujet touche particulièrement les mushers qui font de l'attelage avec leurs huskies. Cette activité, pratiquée de manière pro et respectueuse, implique des heures et des heures d'entraînements permettant aux huskies d'acquérir le physique et le mental adaptés aux distances parcourures et efforts demandés. Or, cela prend un temps fou! nécessitant un planning horaire extrêmement bien organisé si l'on ne peut s'adonner exclusivement à ces sorties durant ses journées. Qu'en est-il alors des vieux à la retraite qui ne vivent plus du tout sur le même rythme, et qui, par ailleurs souffrent souvent de dépression arrivés à la retraite, tiraillés entre leur mental qui souhaite plus que tout au monde courir encore et encore avec leurs copains d'attelage, et leur physique qui ne suit plus...

Tout musher respectueux de ses vieux et soucieux de leur bien-être se doit alors de leur consacrer du temps en les sortant à pied par exemple pour de petites balades olfactives durant lesquelles ces chers retraités à l'instinct prédateur pourront à souhait se divertir en pistant telle ou telle odeur. En ce qui me concerne, j'ai pris l'habitude de balader mes vieux avec une longue laisse à rallonge enrouleur que j'attache à ma taille, ce qui leur laisse tout loisirs de traînasser et renifler à souhait, ou de se faire soudainement un petit galop à leur rythme.

Cette problématique du temps à disposition est la raison pour laquelle beaucoup de compétititeurs dans le milieu des courses (souvent en déplacement lors de leurs entraînements et courses) ont coutume de replacer temporairement voire définitivement leurs vieux dans une autre famille faisant office de EMS en quelque sorte. D'autres, moins soucieux du bien-être de leurs vieux, n'hésitent pas à les reléguer dans leur parc/chenil synonyme de prison-mouroir en ne leur prodiguant d'autre soin qu'une gamelle par jour.
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Le coût d'une gestion favorisant le devenir vieux d'un animal dès sa naissance
Dans l'optique des quatre points traités ci-dessus, beaucoup ne trouvent aucun intérêt à favoriser la longévité coûteuse de leurs huskies, préférant les exploiter au maximum durant leur période de vie active, et minimiser au maximum les frais et autres charges inhérentes à leur vieillesse. Pour ceux qui ne se résolvent pas à cette gestion de type capitaliste dure, le choix éthique de favoriser le devenir vieux de leurs huskies implique des coûts de gestion sans commune mesure par rapport aux premiers mentionnés. Ces coûts se rapportent aux charges de:
  • santé / hygiène
  • alimentation
  • gestion des paliers d'âge dans la meute, impliquant de la place et du temps

     ► Santé / hygiène: Citons par exemple de manière non exhaustive le suivi drastique des vaccinations, un protocole régulier de vermifugation, les soins dentaires, et autres soins extraordinaires (p.ex. intervention chirurgicale, radio ou échographie afin de délimiter un diagnostic, ...)

Important à savoir à ce propos: le husky est un animal primitif et, au même titre que son cousin sauvage le loup, il a l'instinct de cacher ses faiblesses ou maux physiques pour ne pas paraître amoindri aux regards de la meute (un animal faible mettant la survie de la meute en péril et pouvant être banni de celle-ci). Cela laisse à réfléchir quant aux bons soins des gestionnaires de meute peu soucieux de déceler le moindre disfonctionnement synonyme de frais imprévus. Les vétérinaires nomment les conséquences physiologiques de cet instinct du "paraître fort" le phénomène de compensation (observé également chez le chien de chasse comme le beagle p.ex. reconnu pour sa résistance extrême à la douleur, à tel point qu'il est devenu pour son plus grand malheur la "mascotte" des scientifiques procédant aux expérimentations animales). A savoir donc qu'un husky, lorqu'il vous révèle sa douleur physique, souffre déjà bien souvent depuis fort longtemps. Si l'observation de cette douleur se fait trop tardivement, il n'est pas rare que le husky malade soit condamné, tout traitement devenant inopérant au-delà d'un stade trop avancé.

     ► Alimentation: Un chien de trait comme le husky qui dépense énormément d'énergie à l'attelage se doit d'avoir une hygiène de vie et particulièrement une alimentation adaptée en fonction. Le husky, au même titre que son cousin le loup, digère - assimile mal l'alimentation industrielle herbivore (aliment gonflé en céréales offrant un meilleur rendement économique) proposé par l'industrie alimentaire canine de bas de gamme. Le gestionnaire de meute soucieux de nourrir convenablement ses chiens nordiques devra donc investir dans une alimentation à haute teneur carnée et protéinée (si possible avec de la viande rouge et du poisson gras tel que le hareng ou le saumon p.ex.). A ce propos, cela me fait penser à un ami qui a deux jolies chiennes huskies et qui leur achète de la viande hâchée en pack famille au magasin pour compléter leur alimentation à base de croquettes de bonne facture (sans céréales). Il s'est littéralement fait insulter par la cliente derrière lui, choquée et jurant que c'était une honte, lorsqu'il a répondu dans sa discussion avec la caissière que cette viande n'était pas pour lui mais pour ses chiennes. Cela en dit long sur certains préjugés populaires selon lesquels le chien n'est juste bon qu'à manger de la m... , farines et autres sous-produits animaux et végétaux rejetés par l'industrie alimentaire humaine (pourtant déjà peu sélective quand il s'agit d'alimentation saine), le tout présenté dans un joli paquet doré garni de mille fausses promesses de qualité.

Or, pour en revenir à nos moutons, même si vous avez un bon contrat avec votre boucher et/ou avec votre distributeur de croquettes adaptées aux carnivores (sans céréales - min. de glucides), une alimentation saine pour vos huskies représente un budget astronomique. Certes, cela en vaut largement la peine si l'on considère le retour sur investissement sur le plan de la santé et des frais vétérinaires relatifs. Beaucoup cependant ne sont pas disposés à opter pour un tel investissement, préférant comme il est coutume de le faire dans notre société de consommation remplacer l' "objet prématurément usé" par du neuf, plutôt que d'adopter une logique de gestion durable. Evidemment, il est plus facile pour laver sa conscience et pour justifier une euthanasie auprès d'un vétérinaire de lui amener un (pré)retraité usé et malade, plutôt qu'un ancêtre "pétant le feu et la forme".

     ► Gestion des paliers d'âge dans la meute: En parlant de gestion, celle de la meute est primordiale si l'on souhaite favoriser le devenir vieux de ses huskies. La répartition des huskies au parc/chenil joue un rôle de premier ordre sur la conservation - ou à l'opposé l'érosion - d'un mental jeune, dynamique, et sur la soif de vivre des vieux. Il en va de même des sorties et balades régulières hors du parc, leur offrant distraction et sens de vivre. A l'image de ces EMS prisons-mouroirs d'époque où les petits vieux étaient stockés en rang inactifs sur des chaises à attendre la mort la journée durant, l'exclusion des vieux huskies de la meute active est à l'origine de dépressions morbides accélérant leur mort.

Or, certains font ce choix pour faciliter et optimiser leur manipulation des jeunes encore attelés, et éviter de s'encombrer avec les vieux qui insistent pour sortir également, occasionnant une perte de temps et d'énergie. Cela est vraiment regrettable lorsqu'on sait l'importance jouée par les vieux au niveau de la cohésion de la meute (voir chapitre ci-dessous Hiérarchie, vieux & meute: La recette d'une sage cohésion). Certes, il peut être bénéfique de prévoir un parc à part pour les plus vieux affaiblis supportant mal la pression et agitation des jeunes. En ce qui me concerne, dans ce cas je prévois toujours de placer avec mes plus affaiblis par l'âge deux chiennes d'âge moyen à mûr jouant le rôle d'animatrices pour retraités et qui transmettront à dose homéopathique leur joie de vivre à ces derniers.
©Jura escapades
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Au vu de cela, et si l'on fait abstraction de la question de l'affect (étant évident pour moi qu'on ne peut partager dix ans de vie et d'activités communes étroitement liés sans éprouver un attachement viscéral,  osons le mot,  un profond
HUSKY & BELLE RETRAITE
amour), il apparaît totalement déraisonnable, inutile, voire suicidaire sur le plan économique de favoriser le devenir vieux des huskies dans une meute. Après tout, dans la vie sauvage les vieux ne sont-ils pas destinés à mourir précocement en tant que proie facile ou membre affaiblissant le clan? N'oublions pas que la donne change lorsque l'animal est domestiqué par l'homme, puisque lors de cette démarche entreprise sur de nombreuses générations l'animal a fait don en toute confiance de sa liberté en échange de nourriture, bons soins et protection. Ce pacte implique inévitablement une responsabilité de la part du chef humain décisionnaire et dominant envers son sujet-partenaire apprivoisé.
Par ailleurs, comme mentionné dans mon introduction ci-dessus, mes années d'expérience dans la gestion de meute et l'attelage de huskies (15 ans de vie commune et d'activités quotidiennes) m'ont prouvé le rôle nécessaire et primordial des vieux dans ces deux domaines. Je tiens donc à en témoigner ici, afin que la défense des vieux huskies imprègne l'esprit populaire et soit perçue par les propriétaires de meute comme une logique gagnante relèguant le triste argument économique au placard.
   ARTICLE & PHOTOS ©Jura escapades, A.Duflon, avril 2016
MEUTE HUSKY

Hiérarchie, vieux & meute: La recette d'une sage cohésion
HUSKY
De la vie sauvage à la cohabitation avec l'homme: Le husky, ce chien-loup

Les animaux qui accompagnent notre vie (qu'ils aient été domestiqués pour devenir des partenaires de compagnie, de travail, ou d'autres activités) n'ont pas toujours occupé cette place aussi proche de nous si l'on remonte dans l'histoire. A l'origine de l'humanité, nos ancêtres ne se différenciaient pas autant des animaux qu'ils côtoyaient dans la nature, ces derniers en tant que carnivores prédateurs étant alors principalement pour eux des rivaux et en tant que proies herbivores une nourriture potentielle.

Le processus de domestication ne s'est pas fait en un jour, et a eu pour base la sédentarisation de l'homme qui a découvert l'avantage de l'élevage pour se nourrir. De nourriture ou encore source d'approvisionnement pour se vêtir ou fabriquer divers objets (avec leur peau, os, etc.) l'animal est progressivement et lentement devenu un partenaire de travail, avant même encore qu'il devienne un partenaire de compagnie ou de loisirs parmi des sociétés plus nanties, cette dernière conception et relation étant bien entendu un luxe dans un univers où il s'agissait à l'époque principalement de survivre. Lors de ce processus de domestication l'animal a subi des transformations et une évolution incroyables, ayant été sélectionné génération après génération dans l'optique de correspondre à tel ou tel critère retenu par l'homme. Certains animaux domestiqués sont désormais tellement éloignés de leur origine sauvage qu'on a peine à faire le lien entre l'un et l'autre. D'autres, tel que le husky par exemple puisqu'il s'agit de notre sujet, ont sauvegardé leurs caractéristiques primitives sur le plan à la fois physique et mental, tout en étant totalement sociables envers l'homme.

Si l'on veut vraiment connaître et comprendre l'animal domestiqué qui fait partie de notre famille humaine (sans dériver vers un anthopomorphisme* ignorant source de nombreux malentendus entre l'homme égocentrique et l'animal guidé par ses instincts innés), il est primordial tout d'abord de réviser ses classiques - ou devrais-je dire ses "primitifs"! Sans cette démarche de base, il est absolument impossible d'entrer véritablement en relation avec quelque animal que ce soit de manière respectueuse, c'est-à-dire en prenant connaissance de sa nature profonde qui n'est pas celle d'un humain (un animal de même qu'un enfant ne devrait pas être considéré comme une prolongation de soi-même, de ses aspirations ou autres attentes). En effet, connaître l'identité innée d'un animal, ses besoins fondamentaux et sa logique d'action inhérente permet d'acquérir une communication sous forme de dialogue interespèce avec lui, et d'opter pour des choix relationnels cohérents, au plus proche de sa nature. Pour ce faire, le plus simple est d'étudier le cousin sauvage le plus rapproché de l'animal domestiqué avec lequel on vit. Dans le cas du husky, indéniablement il s'agit du loup.

En s'inspirant du loup et de son fonctionnement en meute (le loup étant l'un des animaux à l'intelligence sociale la plus évoluée), on peut retenir deux points pour ce chapitre concernant la nature innée du husky: tout d'abord son insatiable instinct de chasse et de prospection, mais aussi son instinct social et identitaire d'animal de meute (voir chapitre ci-dessus Nature & besoins innés du husky). La question qui se pose à nous désormais est donc celle de savoir comment gérer au mieux une meute de prédateurs domestiqués que sont les huskies?
    ARTICLE ©Jura escapades, A.Duflon, avril 2016
HUSKY
Don de liberté & responsabilité: L'homme comme chef décisionnaire dominant

Les "primitifs" ayant été révisés ci-dessus, il est important maintenant de s'écarter un peu d'une vision strictement inspirée par la vie sauvage (tout en la gardant à l'esprit) afin de mieux adapter notre point de vue à la réalité toute différente que représente la vie d'un animal domestiqué et en captivité. Ce terme "captivité" pourra peut-être en choquer certains, mais appelons un chat un chat: un animal qui n'est pas libre de ses faits et gestes - quand bien même il ne soit pas tenu en laisse - est un animal captif. Si cela peut en rassurer d'autres, cette captivité loin d'être subie avec désespoir par l'animal domestiqué (mis à part dans les cas de maltraitance, et encore, la fidélité des animaux apprivoisés m'étonnera toujours...) est au contraire une captivité totalement consentie.

Certes, ce consentement ne s'est pas fait du jour au lendemain, les animaux sauvages possédant comme premier héritage et trésor commun leur liberté! C'est au cours d'un long processus de domestication que l'animal a passé une sorte de pacte avec l'homme inscrit dans l'inconscient collectif de l'espèce apprivoisée et transmis depuis lors aux nouvelles générations. Ce pacte, que j'ai déjà mentionné dans les chapitres précédents, est le fameux don de liberté que l'animal domestiqué a troqué avec l'homme contre nourriture, bons soins et protection; l'homme obtenant dans cet échange le statut de chef décisionnaire dominant, et l'animal la promesse d'une vie plus confortable et sécurisée. Ce troc peut paraître complétement déraisonnable, mais si nous observons la vie sauvage de manière moins romantique (la survie y est rude), ou encore notre mode de vie civilisé dans lequel liberté et travail alimentaire par exemple ne font pas vraiment bon ménage, l'acceptation de ce partenariat avec clause de captivité-soumission peut paraître une bonne affaire si le pacte est bel et bien respecté (l'animal ignorait alors que l'homme est un être mi-ange mi-démon qui ne tient pas toujours sa langue, ses poings et ses promesses...). N'oublions pas que dans la vie sauvage l'animal individu qui vit en meute ou en clan loin d'agir à sa guise est au contraire soumis à des règles sévères de hiérarchie dont le non-respect implique une punition impitoyable, voire le bannissement du clan, ou au pire la mise à mort (survie du clan oblige, qui ne peut être mis en péril par un électron libre n'oeuvrant pas au service de tous). Il est important de comprendre donc que la liberté troquée n'est pas vraiment celle de l'individu sauvage en tant que tel, mais bien plutôt celle de l'espèce. Un individu loup n'est pas libre dans sa meute, le loup en tant qu'espèce sauvage lui est libre puisque non assujetti à l'homme ni à aucun autre maître...

Partons du principe dans ce qui suit que l'homme tient ses promesses, et qu'en gérant sa meute de huskies il soit conscient d'être l'héritier de ce pacte impliquant pour lui droits et devoirs envers ses chiens-loups domestiqués. L'un de ces droits, hautement symbolique, sera d'ériger un enclos autour de sa meute de prédateurs, afin d'éviter que ceux-ci ne fuguent et chassent en permanence (la notion de territoire n'étant pas comprise de la même manière entre homme et husky, particulièrement sur le plan de sa dimension). Ce cloisonnement dans un espace fixe privant les huskies de mobilité territoriale ainsi que d'éventuels contacts ou échanges avec d'autres meutes ou animaux, aura pour conséquence d'interférer dans la dynamique naturelle de la meute. Par exemple, un individu rejeté et banni par la meute n'aura pas la possibilité de fuir, de recréer une nouvelle meute voire d'en intégrer une autre. Il sera à la merci de ses bourreaux, à moins que son partenaire homme n'intervienne pour remettre à l'ordre victime et tortionnaires. Il en va de même au niveau de la probématique des jeunes qui, une fois leur puberté atteinte, ont souvent tendance pour certains d'entre eux à quitter la meute à l'état naturel (rivalité oblige).

La question de l'interférence des choix humains sur la dynamique sociale naturelle de l'animal est un vaste sujet qui s'étend bien au-delà du cas de l'enclos susmentionné. Je pense notamment à la reproduction qui chez le loup est l'apanage du couple alpha avec tout au plus une portée annuelle destinée à être nourrie et élevée par tous les membres de la meute. Ou encore l'alimentation, dans une meute de loup les dominants ayant le privilège de manger en premier une fois la proie abattue par la team de chasse, et sélectionnant les meilleurs morceaux afin de marquer aux autres leur statut. Mais à mon sens l'exemple choisi de l'enclos résume et image à merveille la privation de liberté de l'espèce domestiquée, l'intrusion perturbante de l'homme dans l'art de vivre et les codes innés de celle-ci, les désagréments en résultant, et donc sa responsabilité à rétablir ou compenser un équilibre qu'il a perturbé.

Cette responsabilité n'est pas des moindres et me fait penser, pour en revenir à la gestion d'une meute de huskies, que l'on récolte dans ce domaine comme dans beaucoup d'autres ce que l'on sème... En effet, comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire dans un autre chapitre, les chiens en meute ne sont ni gentils ni méchants par nature. L'entente et la complicité entre eux dépendra largement des choix stratégiques effectués par leur gestionnaire humain (un peu comme un roi, président ou autre élu le ferait avec ses sujets ou citoyens sur le plan politique). Or, cette stratégie de gestion de meute peut énormément varier en fonction des buts recherchés. De la méthode G.I.* favorisant dans la meute la force et la puissance selon une sélection darwinienne, à la méthode zen visant la sérénité, l'épanouissement individuel et le renforcement social, cela laisse envisager l'influence qu'un gestionnaire humain peut avoir sur sa meute de huskies. Personnellement, plutôt que d'exacerber les rivalités parmi les membres de ma meute pour les endurcir, j'ai fait le choix de consolider au maximum la cohésion sociale entre eux tout en ménageant au mieux les besoins particuliers de chacun.

Tout gestionnaire de meute de huskies, en tant que chef décisionnaire dominant ayant des droits sur ses huskies mais aussi des devoirs envers eux, porte donc une lourde responsabilité quant à la dynamique sociale de sa meute de prédateurs domestiqués. C'est un premier pas d'en être conscient, le deuxième étant de favoriser en toute connaissance de cause telle ou telle stratégie de gestion afin de renforcer tel ou tel comportement social.
    ARTICLE ©Jura escapades, A.Duflon, avril 2016
HUSKY
Gestion de meute: Paliers d'âge - Sous-meutes - Mixité - Parenté - Domination
responsable

Comme je l'ai mentionné ci-dessus, lorsqu'on aborde la problématique de la gestion d'une meute de huskies, il est primordial tout d'abord d'être au fait du but visé afin de ne pas agir à l'aveugle. Que souhaitez-vous favoriser? Une meute homogène où chaque membre est valorisé dans un esprit d'équipe en vue d'une meilleure cohésion sociale? Ou alors, à l'opposé, une meute autodestructrice où les plus faibles sont écrasés dans un esprit de concurrence attisant la rivalité sociale? Vos choix de gestion dans un cas ou dans l'autre ne seront absolument pas les mêmes.

Personnellement j'ai fait le choix d'opter pour la première des options décrites. Ce faisant, je me suis rendue compte de cinq facteurs clés pour atteindre ce résultat au travers des 15 ans de vie commune partagée avec ma meute. A savoir l'importance des paliers d'âge, des sous-meutes dans les grandes meutes, du mélange des genres mâles-femelles, des liens de parenté (parfois à double tranchant) et surtout de clan, et du statut de chef dominant responsable de l'humain gestionnaire au sein de sa meute.


     ► L'importance des paliers d'âge entre jeunes, anciens & ancêtres: Une meute homogène ne peut se construire à la va-vite en brûlant les étapes (voir point ci-dessus chapitre Le husky comme objet utilitaire jetable, § Tourisme & meute, point 4°). Au même titre que la construction d'un jardin japonais zen étagée sur de nombreuses années, l'élaboration d'une meute respirant la cohésion sociale prend du temps. Cela fait partie de ces choses de qualité, comme un bon vin par exemple, qu'on ne peut obtenir sans patience et grand soin.

Au commencement de l'élaboration d'une meute, généralement on se retrouve avec quelques individus jeunes du même âge. L'erreur à éviter absolument est d'acquérir trop de jeunes de suite. Personnellement, je ne dépasserai pas 4 individus. En effet, les jeunes en meute sont avant tout des électrons libres cherchant leur rôle et leur place au sein de la meute. Or, il est fréquent que des individus du même âge aspirent au même statut ce qui attise la rivalité entre eux. Dans une meute homogène, il ne peut y avoir deux chefs alpha du même sexe. Quant aux places subalternes elles occupent elles-mêmes un ordre hiérarchique bien distinct allant des exécutants sous-alpha et bêta (un peu comme les grades à l'armée entre un soldat, caporal, sergent, lieutenant, capitaine, colonel, général) jusqu'à l'individu oméga déclassé et toléré tout au plus dans la meute (un peu comme les individus appartenant à la caste des intouchables dans la société indienne). Un noyau de base constitué de 2 à 4 individus jeunes permettra donc à ces derniers de se situer progressivement dans le temps les uns par rapport aux autres sans pression ni rivalité extrêmes.

Le premier palier étant atteint, l'on peut dès lors songer à agrandir la meute avec de nouveaux jeunes qui auront comme référents et dominants nos jeunes de l'époque devenus des anciens. Personnellement j'attendrais une durée de 2 ans minimum, les jeunes ados d'une année encore en devenir étant souvent tyranniques avec les nouveaux venus plus jeunes, ce qui leur permet d'asseoir artificiellement leur statut au détriment de plus faibles qu'eux. C'est ensuite un cercle vicieux parmi la meute, les nouveaux jeunes ayant été tyrannisés dans leur jeunesse tyranniseront également plus tard les jeunes à venir, etc. Au contraire, les anciens qui ont acquis un rôle et une place stables au sein de la meute seront à même d'accueillir de nouveaux venus en jouant avec justesse et cohérence leur rôle de gardiens de l'autorité en place, et des codes de vie y relatifs. A ce stade, on l'aura compris, les anciens ne sont plus des électrons libres à l'esprit rival, mais sont bel et bien devenus des membres attitrés de la meute. Cependant, avec l'arrivée des nouveaux jeunes en devenir leur statut au sein de la meute peut être remis en cause potentiellement. C'est la raison pour laquelle, à ce stade de leur évolution ils sont souvent très soucieux de maintenir l'ordre en place. Tous les individus n'y arrivent pas, et certains anciens, bien que respectés pour leur âge, sont parfois déclassés au niveau de leur rôle et place dans la meute par de jeunes ambitieux.

Les années passant, avec éventuellement l'arrivée de nouveaux jeunes et la constitution de paliers d'anciens (les plus anciens imposant généralement le respect aux plus jeunes qui les entourent), arrive un jour où nos tout premiers jeunes atteignent l'âge de raison et de sagesse. Du statut d'ancien ils passent alors à celui d'ancêtre. Affaiblis progressivement sur le plan physique, ils ne peuvent plus compter sur leur seule force physique pour asseoir leur autorité. Ils découvrent avec l'âge qui s'avance leur dépendance à la meute, les individus plus jeunes étant nécessaires à leur bonne alimentation voire à la protection de la meute (du moins dans la vie sauvage qui reste ancrée chez eux de manière instinctive). Se développe alors chez eux un plus grand besoin de partage. Moins soucieux et progressivement détachés de toute rivalité sociale (leur place étant acquise tant qu'ils restent en bonne santé et ne pèsent pas trop à charge sur la meute), les ancêtres deviennent de ce fait d'excellents professeurs pour les membres plus jeunes de leur famille, voire des tampons atténuant la rivalité entre ces derniers. Leur grand âge inspire respect et confiance aux plus jeunes, qui ne craignent aucunement pour leur statut en compagnie de ces individus à la force décroissante devenus bienveillants avec l'âge. Les ancêtres participent ainsi par leur présence paisible au ciment de la meute, favorisant une bonne cohésion sociale basée non pas exclusivement sur la force physique ou mentale, mais sur le respect mutuel.
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     ► L'importance des sous-meutes dans les grandes meutes: Les observations constatées ci-dessus demeurent valables et effectives pour autant que la taille de la meute conserve une dimension raisonnable (en moyenne entre 5 à 15 individus parmi les meutes de loups). A partir du moment où cette taille devient extraordinaire, la donne change, car la pression et la rivalité hiérarchique atteignent un tel stade qu'elles deviennent étouffantes pour la plupart des individus. C'est simple, plus la meute s'agrandit, plus la pression subie par ses membres sera forte.

C'est la raison pour laquelle les grandes meutes développent souvent des tendances autodestructrices et finissent par se scinder en deux ou plusieurs groupes rivaux bien que apparentés. Or comme on l'a vu ci-dessus (Don de liberté & responsabilité: L'homme comme chef décisionnaire dominant), les huskies domestiqués cloisonnés dans leur enclos n'ont plus la possibilité comme leur cousin sauvage le loup de gérer totalement à leur guise la dynamique sociale de leur meute. Privés de la possibilité d'étendre leur territoire, d'en coloniser un nouveau, voire de rejoindre le territoire d'une autre meute, ils se retrouvent de ce fait condamnés à subir l'enfer de leurs congénères d'enclos si leur gestionnaire humain ne fait pas les choix adaptés. Plutôt que d'imposer la tyrannie d'une meute de taille monstrueuse (en opposé à une taille limitée et familière propre à l'instinct social de l'animal) il est préférable à mon sens d'opter pour des sous-meutes.

En ce qui me concerne, avec une meute d'une trentaine d'individus actifs plus mes ancêtres retraités, j'ai fait ce choix stratégique en répartissant les membres de ma grande meute en plusieurs sous-meutes homogènes composées d'individus de sexe et d'âge distincts partagant de fortes affinités. Certes, ils se côtoient tous dans le même grand parc extérieur et dans le même chenil intérieur, mais séparés par des cloisons qui leur permettent de se voir tout en protégeant l'intimité de chaque sous-meute. Ce mode de répartition me permet de pallier aux désavantages d'une grande meute artificiellement cloisonnée en commun (sans échappatoire ni respiration possible), tout en reproduisant à petite échelle la dynamique mobile voire échangiste observée parmi les meutes de loups au naturel. Les individus de ma meute gagnent ainsi en sérennité et en épanouissement personnel, ne devant pas lutter avec stress au quotidien parmi tous les autres par exemple pour oser aller boire, se coucher sur une plateforme, ou se bronzer au soleil en dormant à poings fermés.

Il est important de noter que ce choix stratégique de répartition en sous-meutes s'effectue au niveau de la vie sociale intime des individus, soit au niveau de leur territoire d'habitation (parc extérieur et chenil intérieur). Comme c'est le cas par exemple pour une famille d'humains ne vivant pas dans la même chambre, mais partageant néanmoins la même maison. Au niveau de la vie sociale extérieure (p.ex. sorties d'attelage pour les huskies) il est très important de mélanger les individus afin de conserver l'esprit de famille et d'appartenance au même clan. Faute de quoi, le risque est que cette répartition en sous-meutes de la grande meute principale évolue vers la constitution de deux ou plusieurs meutes rivales, unies uniquement par l'artifice de leur territoire cloisonné commun.

Dans la même logique, il est important de ne pas répartir de manière figée et définitive les individus composant chaque sous-meute, mais bien plutôt de les répartir selon leur dynamique évolutive propre. Le rôle et la place de chaque individu dans la meute peut en effet varier avec le temps qui passe, et selon l'évolution de chacun, il peut être bénéfique à un moment donné de changer tel individu de sous-meute, ou encore d'isoler tel autre temporairement (p.ex. en cas de chaleurs pour éviter une saillie non souhaitée, ou de maladie, etc.).
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     ► L'importance de la mixité mâles-femelles: Imaginez-vous enfermé dans une prison dorée où vous pourriez manger à satiété, dormir à souhait, et occuper vos journées à flâner dans votre espace confiné en compagnie de partenaires du même sexe. Combien de temps tiendriez-vous avant de souffrir de cette oisiveté et de cette interaction sociale unisexe (dans une optique d'hétéro bien entendu!)? Vous seriez probablement assez vite gagné par le spleen. Pourtant, sans en avoir vraiment conscience, c'est le genre de prison dorée mortelle que l'homme impose parfois à son animal domestiqué captif en interférant sur ses besoins naturels fondamentaux.

L'un de ces besoins fondamentaux hérité instinctivement par le husky est la chasse, soit la recherche de nourriture. Cela occupe une grande partie de ses journées et de sa vie. D'où l'importance de compenser ce besoin primaire par des occupations telles que sorties d'attelage (où le husky peut prospecter de nouveaux territoires en meute et chasser fictivement), ou basiquement déjà de lui aménager un parc à l'extérieur en maintenant le sol au naturel avec terre et herbe (ce qui lui laissera tout loisirs de chasser les souris et autres rongeurs en grattant le sol). Ce sujet sera abordé plus longuement dans le prochain chapitre Attelage, vieux & savoir: Transmission d'un savoir-faire au top!

Un autre de ces besoins fondamentaux, et qui nous intéresse à proprement parler ici, est celui de la reproduction. Année après année, le cycle se remet en branle dans la vie sauvage, souvent au printemps avec l'éclosion végétale puis animale. Les couples se forment, les célibataires malgré eux se résignent à tenter leur chance au prochain cycle, la progéniture naît, grandit, et aspirera à son tour à se reproduire un jour. En tant que gestionnaire de meute, ayant droits et devoirs sur vos huskies (animal social par excellence), pensez-vous vraiment avoir le droit d'interférer sur la dynamique instinctive naturelle de vos captifs au point de les priver totalement de la présence titillante de leurs congénères de sexe opposé? Croyez-vous avoir le pouvoir d'abolir l'attraction élémentaire du yin et du yang? Entre droits et devoirs la limite est parfois floue, l'essentiel est d'agir déjà en toute connaissance de cause.

Pour prendre exemple sur le cousin sauvage le loup, une meute homogène, stable et durable sera toujours composée de mâles et de femelles. En effet, une meute composée uniquement de mâles ou de femelles est une meute en devenir souvent formée d'électrons libres jeunes momentanément réunis et destinés à se mélanger un jour à des congénères de sexe opposé dans une optique de reproduction. En maintenant artificiellement des meutes composées de mâles ou de femelles exclusivement on favorise donc le maintien de l'animal dans une dynamique d'électrons libres éternellement juvéniles. En effet, l'animal ne peut atteindre sa pleine maturité psychique et son épanouissement vital qu'en faisant l'expérience de la rencontre et de la vie commune avec le sexe opposé. Et ce, quand bien même il n'y ait pas de reproduction effective, puisque dans une meute de loups sauvages seul le couple alpha est destiné à se reproduire, mettant au monde les enfants de la meute, laquelle dans sa totalité participera aux chances de survie des jeunes. L'attraction universelle du yin et du yang étant plus forte que tout, il est possible également que dans une meute unisexe certains mâles se féminisent sur la durée, ou vice versa certaines femelles se masculinisent, mimant par là l'ordre social naturel inscrit dans leurs gènes.
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Mais quel est donc cet ordre, et en quoi mâles et femelles diffèrent-ils et se complètent-ils?
   • Les mâles en meute:
     - Des protecteurs guerriers: De par leur stature et carrure physique les mâles sont plus à même de protéger la meute et son territoire contre toute éventuelle intrusion ennemie. Bien que les femelles louves participent également si besoin à protéger le clan en cas d'attaque, elles focalisent plutôt leur énergie sur la vie interne de la meute (leurs premières et principales ennemies étant leurs rivales potentielles au sein de la meute). Si les avertisseuses en cas de danger provenant de l'extérieur sont souvent des femelles (de rang inférieur), les premiers à faire front pour défendre la meute sont bien les mâles.
     - Des prétendants périodiquement rivaux sous forme de show: Le mâle dans une meute de loup a peu de chance de se reproduire, ou alors à moins d'un combat forcené, seul le mâle alpha ayant cette faveur. Cependant, lors des périodes de chaleurs, tous les mâles n'en aspirent pas moins instinctivement à se reproduire. Les marques de domination du mâle alpha mimant un combat sous forme rituelle suffisent généralement à produire une sorte de castration psychique chez ses congénères subalternes. Ce comportement démontre la grande intelligence sociale du loup qui a su adapter sous forme de spectacle sa rivalité attavique au profit de la survie du groupe. C'est pourquoi généralement dans une meute de huskies les combats entre mâles sont souvent tout autant spectaculaires qu'anodins finalement, marquant la supériorité du dominant sur son subalterne. Gare à l'erreur du protecteur humain souhaitant instaurer l'égalité entre tous dans sa meute, et qui ne saura pas mettre en valeur le mâle dominant. Car ce dernier sera tout autant paisible et juste s'il a une place stable et assurée dans sa meute, que tyrannique et combatif si on le frustre de ses prérogatives naturelles.
     - Des potes de jeux: En dehors de la période de reproduction le mâle se caractérise généralement par sa convivialité bon enfant avec ses congénères du même sexe. On peut assez facilement mettre plusieurs mâles husky ensemble sans que cela pose de problèmes majeurs. Ils se comporteront comme des camarades, pour autant que la hiérarchie soit bien établie par paliers d'âge entre eux. Pudiques entre eux, les mâles respectent leur intimité commune (p.ex. on les verra rarement se lécher et se nettoyer l'intérieur des oreilles les uns les autres, ce qu'ils laissent par contre volontiers faire à une femelle, ou que deux femelles amies feront couramment entre elles).
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   • Les femelles en meute:
     - Des mères nourricières et éducatrices: Si les mâles sont des guerriers protecteurs par nature, les femelles développent avec leur maturité un fort instinct maternel, qu'elles soient effectivement mères ou non. Dans une meute de loup par exemple la mère alpha allaitante est bien souvent secondée par une marraine subalterne qui va pousser l'esprit de maternité jusqu'à produire du lait sans avoir pour autant accouché. J'ai eu l'occasion d'observer ce phénomène avec émotion lors de l'unique mise-bas de ma cheffe de meute. J'ai retrouvé sa meilleure amie couchée avec elle parmi les chiots, chacune en demi-cercle autour d'eux gesticulant parmi ces innombrables biberons! Cet instinct maternel n'est pas dirigé exclusivement envers des chiots, mais s'étend potentiellement à tous les individus de la meute selon les liens tissés (p.ex. au travers de léchage/toilettage, don de son corps à l'autre en guise de chauffage, etc.). Une autre forme d'expression de cet instinct est la faculté de transmission et d'éducation. Destinées à sevrer leurs petits et à leur apprendre le b.a-ba de la vie, les femelles ont une facilité innée à enseigner avec patience et à partager leur savoir-faire avec leurs congénères de meute.
     - Des séductrices aux prétendants acquis d'office: Les femelles louves ou husky, contrairement à leurs congénaires mâles, n'ont aucun effort à faire pour conquérir un prétendant. Lors de leurs chaleurs, et particulièrement à la courte période favorable aux saillies, elles n'ont que l'embarras du choix parmi les élus potentiels. Si les loups sont fidèles en couple (le couple dominant étant le fondement de la meute), les huskies soumis depuis de nombreuses générations aux interférences humaines dans le domaine de leur vie sociale et de leur reproduction, ne le sont plus nécessairement. Avec le confort de la vie domestiquée, la nécessité de restreindre la reproduction au seul couple alpha s'est émoussée, ainsi que celle pour ce couple de rester uni pour régner et survivre. Par conséquent, presque toute femelle ayant ses chaleurs peut prétendre se reproduire dans une meute de huskies. Je dis presque, car certaines au bas statut dans la meute peuvent d'elles-mêmes couper leurs chaleurs par crainte d'être tyrannisées par les dominantes. D'autres, à force d'être soumises par leurs congénères supérieures (p.ex. marques de domination allant jusqu'à la simulation d'une saillie, ou renversement et maintien au sol répété, etc.) vont refuser d'elles-mêmes tout prétendant. Ce phénomène de stérilisation psychique est identique à celui observé chez les mâles, et est hérité de la dynamique sociale et reproductive des loups.
     - Des meilleures amies ou rivales mortelles: L'instinct maternel et de reproduction propres aux femelles implique chez elles une dynamique de meute complexe, tout particulièrement entre elles. En fonction de leur rang dans la meute, lien de parenté, âge, elles pourront tantôt à l'extrême tisser des liens si forts qu'elles formeront une sorte de couple d'amies, ou alors à l'opposé se haïr au point de chercher par tous les moyens possibles à éliminer l'autre tant qu'elle sera présente. De manière générale, des meilleures amies le restent à vie, les pires ennemies aussi mais plutôt à mort... La raison en est simple: le seul obstacle pour une femelle de se reproduire sont les autres femelles potentiellement rivales castratrices, puisque les mâles sont acquis d'office. C'est pourquoi les femelles en meute sont plus compliquées à gérer, surtout à l'approche de leurs chaleurs, et qu'il est important d'observer une hiérarchie stricte entre elles.
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   • La complémentarité des genres:
    Au vu de ce qui précède, on peut constater que si les mâles et les femelles sont soumis au même élan vital de reproduction, leur dynamique entre eux et envers leurs congénères du même sexe diffère sensiblement. Leurs motivations propres ne sont pas les mêmes, bien que leur but commun de se reproduire soit identique. En observant ces différences parmi une meute mixte comme la mienne, j'ai pu constater que l'apport des uns aux autres s'opère dans une dynamique complémentaire. On peut résumer cette complémentarité en retenant deux points clés dans leurs apports respectifs.  
     - L'apport des femelles aux mâles en meute:
       ♦ Protection matriarcale: Les femelles de par leur instinct maternel font office de mères protectrices (réelles ou de substitution) pour leurs congénères au sein de la meute selon les liens tissés entre eux, prodiguant leurs soins et leur éducation à ceux-ci. En parlant de la nature comme de notre berceau commun ne dit-on pas Mère nature? Le respect inspiré par les femelles aux mâles est de cet ordre-là. Si certains mâles ont parfois de la peine à respecter les prérogatives d'un congénère du même sexe potentiellement rival, ils seront par contre souvent disposés à respecter l'autorité de leur égale femelle, sorte de mère symbolique ou reine adulée à laquelle ils se soumettent comme les chevaliers de l'époque du Moyen Âge avaient coutume de le faire. En ce sens, les femelles peuvent agir comme élément pondérateur dans la rivalité masculine (dont elles sont également la source, ne l'oublions pas!).
       ♦ Attirance & cohésion/rivalité sociale: Les femelles, en tant que séductrices et mères potentielles, représentent un attrait sans égal pour les mâles, qui sans elles demeureraient des électrons libres s'associant et se séparant au gré des besoins (p.ex. pour la chasse). En tant que telles, elles agissent véritablement comme un élément fixateur des mâles en meute, et on peut le dire représentent véritablement le socle de la meute. Ces mères protectrices, éducatrices et séductrices n'en sont pas moins à l'origine de la rivalité entre mâles, pouvant selon leur comportement (ou chaleurs...) à la fois renforcer la cohésion sociale dans la meute, mais aussi participer à sa division comme un élément perturbateur déclencheur.
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     - L'apport des mâles aux femelles en meute:
       ♦ Sécurité patriarcale: Les mâles de par leur stature et carrure physique font office de chevaliers protecteurs aux membres plus faibles de la meute contre des dangers extérieurs potentiels. Ce faisant ils favorisent la quiétude de ces derniers qui peuvent en toute sécurité se consacrer à d'autres tâches, sans être en permanence sur le pied de guerre.
       ♦ Fraternité masculine & rivalité féminine: Les mâles qui cohabitent selon une hiérarchie bien établie partagent souvent un esprit de franche camaraderie (hors période de reproduction). A ce titre leur présence au sein d'un groupe de femelles peut agir en tant qu'élément pondérateur apaisant de petites rivalités potentielles, et favorisant une dynamique enjouée et bon enfant au sein de la meute. Cependant, à l'inverse leur présence parmi des femelles au statut respectif mal défini peut tout aussi bien déclencher une guerre fratricide entre elles, du moins parmi celles qui aspirent à devenir la reine de ces chevaliers. Malgré eux les mâles peuvent donc agir en tant qu'élément pertubarteur au sein de la meute, voire perturbateur déclencheur lors de la période de reproduction.
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     - L'exemple de l'intégration dans ma meute de huskies adultes abandonnés:
       J'ai eu l'occasion à plusieurs reprises de recueillir un husky adulte abandonné (voire deux ensemble même) et de l'intégrer dans ma meute pour lui offrir une nouvelle famille canine et humaine. Opération délicate, consistant à confronter deux univers au passé étranger, us et coutumes acquis variables, et surtout à la dimension inégale: un individu solitaire faisant face à un groupe uni, qui plus est sur le territoire même de ce groupe. Pour simplifier la démarche, et éviter un maximum de stress à l'un et aux autres (un nouvel individu impliquant un remaniement potentiel des rôles et statuts de chacun), j'ai procédé à chaque fois en mélangeant pour commencer le nouveau venu avec un seul membre de la meute du sexe opposé. Le mâle ou la femelle hôte joue ainsi le rôle de diplomate pondérateur entre le nouveau et la meute.

Le mâle hôte sera instinctivement attiré par la nouvelle venue, et n'a aucun intérêt à l'attaquer sauf en cas d'agressivité de cette dernière (du moins, si c'est le cas, le combat sera un show rituel destiné à exprimer le statut social de chacun et ne risque pas d'être mortel comme entre deux femelles). Quant à la nouvelle venue, elle se présentera instinctivement comme une séductrice (reine mère ou subalterne soumise) face à son chevalier hôte, pouvant même aller jusqu'à déclencher ses chaleurs. Dans le cas d'une femelle dominante hôte, celle-ci pourra éventuellement rejeter les "avances" d'un nouveau mâle perçu comme subalterne et qu'elle jugera indigne de son rang, quitte à l'attaquer "pour de faux" afin de marquer son statut (ce qui peut être très bénéfique si le nouveau venu est dominant, il apprendra ainsi à diminuer ses prétentions avant d'être confronté aux mâles de la meute). Mais ces attaques ritualisées importent peu, puisqu'entre individus de sexe opposé mentalement équilibrés le respect prime toujours sur le combat véritable (qui vise l'élimination du rival).
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   • La mixité en meute comme moteur vital et étape clé de la maturité
     Au vu de cette complémentarité, le mélange mâles - femelles parmi la meute respectant l'ordre naturel établi apparaît comme un facteur prépondérant pour permettre une dynamique sociale équilibrée, stable et surtout durable. En effet, la mixité en meute offre la possibilité à chacun de ses individus d'atteindre une maturité sexuelle (tantôt fantasmée, réprimée ou réelle) et donc la possibilité d'un devenir adulte (en opposition au maintien articifiel dans un état juvénile). Et bien au-delà de cela, en respectant l'un des besoins fondamentaux de l'animal, à savoir son élan de reproduction, elle insuffle à mon sens goût et soif de vivre aux individus ainsi répartis. Entre moteur vital et étape clé de la maturité, elle m'apparaît donc comme l'un des piliers de base à ne pas négliger lors de l'établissement d'une meute. Cependant, il est très important de garder à l'esprit que la mixité est également l'une des sources principale de rivalité en meute. D'où le choix de beaucoup de propriétaires de meute de se faciliter la vie en composant leur meute d'individus du même sexe exclusivement.

A mon sens, dans une meute unisexe la relation entre le gestionnaire humain et sa meute se tisse également différemment. Dans le cas d'un homme avec des femelles, ou vice versa d'une femme avec des mâles, une sorte de couple se forme unissant l'homme à une cours de séductrices subalternes soumises et aimantes et la femme à une cours de prétendants subalternes psychiquement castrés (le gestionnaire humain étant le grand chef dominant de la meute). Dans le cas d'un rapport humain-animal unisexe, on assistera alors tantôt à la formation d'une bande de potes, ou à celle d'un clan de petites soeurs - meilleures amies. La construction d'une meute mixte relie par contre le gestionnaire humain à une famille de partenaires de vie socialement matures, équilibrés et sains d'esprit.
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   • Elan vital de reproduction & rivalité: Une dynamique sociale complexe à gérer
     La mixité en meute n'a pas que des avantages et peut paraître franchement indésirable pour un gestionnaire de meute novice. Certes, comme on l'a vu elle favorise l'équilibre, la stabilité, la durabilité et la maturité de la meute en rendant possible l'expression d'un élan naturel vital, à savoir la reproduction (qu'elle soit concrétisée ou réduite à une aspiration possible). Cependant, le respect de cet élan de reproduction équivaut également à faire face périodiquement à une véritable bombe explosive au sein de la meute et peut être comparée à un volcan en sommeil menaçant d'éruption mortelle certains membres de la meute à chaque cycle de chaleurs des femelles. En effet, lors de la période de reproduction effective, les rivalités existantes au sein de la meute sont attisées, sans parler de nouvelles rivalités qui peuvent être déclenchées par l'instinct de reproduction alors accru à son maximum (pesant sur les autres instincts p.ex. fraternel, maternel, de survie, etc. jusqu'à les faire disparaître momentanément dans certains cas). Indéniablement donc, le mélange des mâles et femelles en meute complique la gestion de celle-ci. A mon sens, cela reste un mal nécessaire si l'on souhaite véritablement respecter l'identité de nos huskies domestiqués et captifs en tant que partenaires de vie à l'instinct social et identitaire clanique très développé.
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     - Contrôle de la reproduction:
        Etant donné les risques de la reproduction non désirée, le gestionnaire de meute responsable se doit de gérer la reproduction dans sa meute s'il veut éviter de se retrouver chaque année avec une ou plusieurs portées imprévues. En effet, comme expliqué plus haut (§ Les femelles en meute: - Des séductrices aux prétendants acquis d'office) dans une meute de huskies domestiqués et captifs la reproduction n'est plus le seul apanage du couple alpha, l'interférence humaine ayant troublé cet ordre naturel. Afin de gérer la reproduction dans sa meute mixte, le gestionnaire humain aura deux possibilités: séparer temporairement les mâles entiers (non castrés) des femelles en chaleurs, ou alors opter pour la castration / stérilisation d'un ou plusieurs membres de sa meute.

Cette interférence sur la reproduction naturelle de sa meute peut sembler un peu barbare à prime abord. A quel titre l'humain se donnerait-il le droit de décider lequel de ses captifs aura le droit de se reproduire de son vivant? N'oublions pas cependant que dans la vie sauvage ce droit et ce choix est également pris par le couple apha qui, au nom de la survie de sa progéniture et au-delà de la meute et de l'espèce, imposera à ses subalternes une forme de castration psychique afin de restreindre la procréation à leurs seules portées et d'imposer chacune de leur portée comme étant celle de de la meute tout entière. Le contrôle de la reproduction est donc un phénomène naturel inscrit dans les gènes et la mémoire collective des animaux de meute. Le gestionnaire de meute, en régulant la reproduction de ses membres se substitue donc en fait au couple alpha, reproduisant à l'état captif un phénomène naturel à l'état sauvage. Ce n'est pas pour autant que l'humain gestionnaire de meute a tous les droits dans le cadre de son contrôle de la reproduction. Celle-ci en effet, afin d'être menée de manière cohérente et en respect avec l'ordre établi parmi la meute, devra être menée de manière à valoriser les membres dominants au sein de celle-ci.

Hélas, beaucoup d'éleveurs ou de compétiteurs favorisent avant tout des critères d'ordre esthétique ou sportif, négligeant la hiérarchie établie au sein de leur meute et risquant, ce faisant, de déséquilibrer totalement l'ordre en place. Personnellement j'ai fait le choix dans les quelques portées effectuées sur plusieurs années (à titre privé uniquement afin de permettre la relève de ma meute) d'impérativement mettre en valeur mes mâles dominants (sauf, cas isolé, en cas de saillie opérée hors meute avec un individu externe à celle-ci) ainsi que des femelles soit dominantes et/ou occupant un rôle prépondérant dans le team d'attelage comme celui de chienne de tête. Ce faisant, les couples formés ont toujours été accueillis et respectés par l'ensemble de la meute, ainsi que leur progéniture qui est d'office devenue celle de la meute tout entière (les femelles jouant le rôle de marraine-mère subsidiaire et les mâle celui de chevalier protecteur-père subsidiaire). Ce faisant, j'ai pu confirmer également une hypothèse théorique que j'avais en tête, à savoir qu'un couple dominant ne l'est pas par hasard, mais grâce à sa force mentale, à son charisme, à son intelligence et à son esprit équilibré qu'il transmettra par la même occasion à sa descendance. Et les chiots, accueillis non pas comme des batards indésirés mais comme la relève officielle et souhaitée de la meute, seront également élevés dans cet esprit valorisant par l'ensemble de la meute. Un socle familial et une force vitale qui resteront une référence protectrice et édifiante tout au long de leur vie.
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     - Castration ou stérilisation?
        La séparation des individus entiers (non castrés) du même sexe lors de la période de reproduction est une option parfois insuffisante pour contrôler la reproduction (les risques de fugue interne au chenil existants, p.ex. certains mâles obnubilés par une femelle en chaleurs ayant réussi à me dessouder des barreaux en métal, ou encore certaines femelles à se faufiler comme de petites souris entre deux barrières à la recherche de leur élu). Mais surtout, cette seule option de séparation n'a pas grand impact sur l'excitation extrême de la meute lors de la période du rut, et sur les risques de bagarres relatives. Un gestionnaire de meute soucieux d'apaiser l'intensité de l'éruption volcanique embrasant sa meute durant cette période aura donc tout intérêt à castrer certains membres subalternes de la meute ce qui fera office de thermostat régulateur diminuant la tension sexuelle omniprésente. Certains individus étant apaisés, l'ensemble de la meute en profitera inévitablement.

Faire appel à une opération chirurgicale aux conséquences irréversibles est jugé comme un acte de barbarie par certains. Enfin, je leur rétorquerai: "Vivons avec notre époque et les apports bénéfiques de la science!" Soyons conscients qu'une castration chirurgicale n'est autre que le transfert - certes définitif - sur le plan physique d'un mécanisme d'ordre psychique qui s'opère de manière cyclique dans la vie naturelle au sein d'une meute. Et concernant l'apect définitif de l'opération, on peut la concevoir comme un droit que le gestionnaire humain prend sur certains individus subalternes de sa meute (p.ex. sous-chefs tyranniques et rivaux meurtriers potentiels qu'il s'agit de calmer) au nom du bien-être de l'ensemble de la meute. A mon sens, un individu domestiqué et captif destiné à ne jamais se reproduire de son vivant n'est pas plus lésé par une castration irréversible qui apaisera son appétit reproducteur (développant son instinct fraternel), que par la privation à perpétuité de la satisfaction de cet appétit.

Je rajouterai, en guise d'invitation à la réflexion, que lors de la période de reproduction dans ma meute, les mâles entiers étant séparés des femelles en chaleurs, certains de mes mâles castrés possédant un bon statut dans la meute sont ceux qui jouissent le plus de leur sexualité... En effet, lors de la période de saillie certaines femelles husky en rut étant obnubilées par la reproduction n'hésitent pas à pourchasser ces derniers. Et c'est bien connu "ce que femelle veut, mâle consent!". Certains couples stériles se sont ainsi formés dans ma meute, le mâle castré ayant pris goût à l'affaire, qui se retrouvent amoureusement à chaque cycle. On peut constater par là la prépondérance du psychique sur le physique plaçant la castration chirurgicale au second plan par rapport à la castration naturelle d'ordre psychique, et idem dans ce cas par rapport à l'irrépressible instinct de reproduction. Ceci est valable bien entendu pour autant que la castration chirurgicale soit effectuée seulement après le développement et la maturité sexuelles de l'animal, sinon l'opération aura hélas pour effet de bloquer artificiellement l'individu à une étape mentale juvénile.

Une dernière question demeure, celle du choix entre la castration (opérée sur un mâle) et/ou la stérilisation (opérée sur une femelle). En bref, d'après mes observations et expériences j'ai fait le choix d'opter pour la seule castration de mes mâles non destinés à la reproduction, et je tiens à préciser que ce choix n'a pas été influencé par le fait que je suis une femme. J'ai en effet constaté en faveur de la castration que:
1° cette opération est nettement moins invasive et conséquente pour l'animal qu'une stérilisation;
2° bien que jouant un rôle secondaire dans mon choix, le coût d'une castration est nettement moins onéreuse;
3° et facteur prépondérant dans mon choix, les résultats d'une castration sur un mâle subalterne sont tellement plus efficaces au niveau de l'apaisement de la meute que le sont ceux d'une stérilisation sur une femelle. La raison en est simple, et est inscrite dans l'ordre naturel. Un mâle castré aura son instinct naturel de reproduction nettement diminué et de ce fait va naturellement développer son penchant fraternel pour ses congénères de même sexe. Au contraire, la rivalité entre femelles étant profondément inscrite dans les gênes de celles-ci même hors période de reproduction, il n'est pas certain qu'une stérilisation apaise vraiment cette rivalité, bien que l'atténuant un peu (voir ci-dessus § Les femelles en meute, § Les mâles en meute, et § La complémentarité des genres). Pour arriver à un résultat probant avec l'option de la stérilisation, il faudrait à mon sens prévoir la stérilisation de toutes les femelles de la meute, les chaleurs d'une seule des membres de la meute suffisant à développer une rivalité entre toutes, sans régler pour autant la tension entre mâles lors de cette période critique.
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     ► Parenté: On ne choisit pas sa famille... mais son clan: Qui n'a pas eu un jour le fantasme d'une famille ou société correspondant en tous points à ses besoins qu'ils soient d'ordre affectif, instructif, éthique, spirituel, existentiel, etc.? Mais on ne choisit ni la famille, ni la société, ni l'époque, ni le lieu, ni l'espèce ou encore la race ou le corps dans lesquels on naît (ou du moins on ne s'en souvient absolument pas à sa naissance ni ultérieurement au cours de sa vie, ce qui nous absoud à mon sens de porter le fardeau de ce choix de son vivant, sauf si l'on choisit de se reproduire, assumant par-là l'héritage héréditaire qu'on lègue à son tour). Il en va de même pour les nouveaux-nés husky qui vont découvrir le monde à premier abord au travers de leur clan familial biologique. Certes, dans notre société actuelle rares sont les chiots husky qui ont la chance de rester avec leurs parents et congénères de meute (la plupart étant vendus vers 2-3 mois et rejoignant une famille d'adoption humaine, voire humaine et canine s'ils ont plus de chance). Ce privilège demeure plutôt celui de leurs cousins sauvages louveteaux. Cependant, plusieurs propriétaires de meute de huskies, dont je fais partie, élargissent ou renouvellent leur meute en conservant la progéniture d'un couple formé parmi celle-ci, permettant par-là aux chiots de grandir et vivre au sein de leur famille biologique.

Ce chapitre vise à mettre en lumière l'importance des liens familiaux biologiques au sein d'une meute, leurs avantages et inconvénients par rapport à la cohésion de celle-ci, mais aussi la prépondérance au final du lien identitaire (héritage d'un vécu partagé) sur le lien du sang (hérédité génétique), bien que ce dernier ne soit de loin pas négligeable.
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   • Famille biologique: Hérédité génétique, liens indéfectibles et amour / rivalité inextricable:
     La famille biologique pour un chien de meute comme le husky se compose des parents, ancêtres, frères et soeurs, mais aussi de tous ceux qu'on peut nommer les collatéraux dans la meute (partageant un lien de sang plus ou moins proche). Les huskies de même famille partagent une hérédité génétique (basée notamment sur un ADN commun) qui est visible à l'oeil nu au niveau des marqueurs physiques et morphologiques. On peut parler également de pourcentage de consanguinité. Plus la consanguinité sera élevée dans une union reproductive (à l'extrême par exemple dans le cas d'un mariage entre père et fille ou mère et fils), plus les individus issus de cette union seront typés et semblables, l'homogénéité des gênes mélangés lors de la reproduction renforçant la création de marqueurs communs. Attention cependant, si la consanguinité peut renforcer certaines qualités, elle accroît surtout à l'inverse le risque de tares génétiques (à la fois physiques et comportementales). La nature est basée sur la diversité des espèces, le mélange de gènes semblables - et non quasi identiques - offre donc de meilleures chances de survie, d'adaptation, et d'évolution positive. Au-delà de l'hérédité génétique, les huskies de même famille partagent également une mémoire collective familiale, sorte de fond mémoriel commun où baigne à la fois instinct, savoir inné, émotions, réflexes et souvenirs. On peur parler à ce niveau de la transmission de caractères familiaux innés à la descendance. Par exemple, certaines lignées de huskies sont plus chasseuses, ou câlines, ou férues d'attelage, etc. que d'autres.

Les huskies de même famille partagent donc à la fois des caractéristiques physiques et mentales communes qui les lient de manière indéfectible. Sur le plan de l'équilibre et de la cohésion d'une meute, ce lien indéfectible est très intéressant, puisqu'il permettra de favoriser l'homogénéité de la meute. Pour quelqu'un qui construit sa meute progressivement il apparaît donc a priori plus intéressant de la constituer sur la base de membres de la même famille, plutôt que de réunir des individus d'origine disparate pour former artificiellement une famille recomposée. Si cela peut s'avérer juste en grande partie, cela n'est pourtant pas toujours le cas. En effet, tout individu issu d'une même famille, aussi soudé soit-il par les liens qui le relient à celle-ci, ne s'entendra et ne s'épanouira pas toujours nécessairement au sein de cette dernière, loin s'en faut. Dans ma meute de huskies j'ai pu observer deux tendances opposées parmi les membres d'une même famille: d'une part une complicité entre certains membres plus forte que tout au point de ne pouvoir les séparer sans risquer de porter atteinte à leur équilibre de vie (attachement viscéral entre mère-fille, soeurs, frères, etc.), mais d'autre part également une rivalité inextricale entre d'autres membres m'ayant obligé de les séparer sur le plan de leur vie sociale intime, soit au parc et au chenil (tensions récurrentes voire hostilité entre père-fils étant tous deux devenus un jour papa et donc chefs alpha rivaux, soeurs aspirant au même statut de reine-mère adulée auprès des mâles, etc.).

Les liens indéfectibles que partagent les membres d'une même famille biologique sont donc à double tranchant. S'ils sont la plupart du temps à la base d'une entente positive et incomparable entre les membres d'une famille de taille raisonnable, il arrive également parfois qu'ils soient la source même de conflits irréversibles parmi certains d'entre eux. Dans ce dernier cas, la famille loin d'être un hâvre de paix se transforme en un véritable enfer pour les individus mal intégrés. Ils se verront soit brimés en permanence ou déclassés, ignorés voire abandonnés, ou pire encore rejetés et chassés au péril de leur vie.

Si l'on compare cela avec la dynamique sociale des loups en meute, on obtient un meilleur éclairage. En effet, comme on l'a déjà vu, les loups en meute sont ordonnés selon une hiérarchie bien précise au sommet de laquelle trône les alpha, couple reproducteur attitré de la meute. Dès que la meute commence à s'agrandir avec la puberté des premiers jeunes - et plus encore avec celle des prochains jeunes à venir annuellement - le rôle et statut de chaque mâle et femelle au sein de la meute est potentiellement remis en cause. Les jeunes du même âge aspirent aux mêmes statuts, tandis que les anciens sont soucieux de conserver le leur. Plus le nombre de nouveaux jeunes et d'individus parmi la meute sera grand, plus la tension sera forte. Ce qui ne permet pas à tous de s'épanouir harmonieusement au sein de leur famille, certains étant sacrifiés sur ce plan au profit du confort des autres. C'est la raison pour laquelle on peut observer parmi les différentes meutes de loups occupant un territoire voisin une dynamique échangiste et mobile entre certains membres de leur meute (p.ex. mâle ou femelle quittant sa meute pour en compléter une autre à la recherche de nouveaux membres). Mais aussi une dynamique colonisatrice et conquérante (certains individus volontaires préférant fonder une nouvelle meute sur un territoire inoccupé, ou encore conquérir la place en vue d'un membre d'une meute étrangère faute d'avoir pu le faire parmi la leur).

Au vu de cela, il apparaît clairement que dans certains cas, lorsqu'un husky parmi la meute subit les sempiternelles brimades d'un ou plusieurs membres de sa famille biologique, il est préférable de lui trouver une famille d'adoption au sein de laquelle il pourra s'épanouir socialement. Par rapport à la complexité de la famille biologique tantôt chérie et subie, l'option de la famille recomposée peut paraître soudainement comme la solution miracle à appliquer pour construire une meute paisible sans se tracasser. Qu'en est-il vraiment?
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   • Famille d'adoption: Héritage du vécu partagé, liens identitaires et communauté hétérogène:
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   • Prépondérance du clan, génétique ou d'adoption, sur la famille biologique:
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     ► Domination responsable, l'homme comme chef gestionnaire de sa meute:

[ suite de l'article à paraître prochainement ]
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HUSKY
Le rôle clé des ancêtres: "oeil pour oeil dent pour dent" ou "un pour tous tous pour un" ?
- Ex: quizz sur le husky pour enfants: réponse à la question qui est le chef de meute?...
- le « fort » dans une meute où la hiérarchie est harmonieusement établie n’est pas celui qui écrase sadiquement les autres, mais celui qui occupe une place privilégiée en échange de ses bons services de gestionnaire de groupe, soit qui a le don pour délimiter le rôle et la place de chaque individu dans la meute en vue d’une meute forte, soudée, apte à survivre et à se développer pour le meilleur profit de tous
- Ancêtre pondérateur, ciment meute, socle famille
[ suite de l'article à paraître prochainement ]
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HUSKY ATTELAGE SAVOIR

Attelage, vieux & savoir: Transmission d'un savoir-faire au top!

[ article à paraître prochainement ]

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HUSKY SUISSE
Pour découvrir un univers et des chiens hors du commun
dans une région envoûtante, et vivre une aventure inoubliable
dans un esprit humble et convivial, à l’écoute de la nature!
HUSKY & EVASION NOMADE

Actualité:

SOS HUSKY - CHIENS POLAIRES
Parmi nos derniers adoptés, notre surnommé Nounours (rapport à son gabarit plus proche du malamute que du husky) s'est admirablement adapté à sa nouvelle famille canine et humaine après avoir quitté la sienne dans l'incapacité de prendre soin de lui à sa juste mesure.

A notre mesure à nous cela reste une goutte d'eau dans un océan sans fond, mais qu'importe, chaque vie compte, et chacun à son petit niveau tout en reconnaissant humblement ses limites peut participer à une chaîne de goutelettes, qui réunies forment à mesure une flaque, puis une mare, puis un lac, puis un océan d'espoir...
... Dans le domaine de l'espoir, toute notre admiration se tourne particulièrement vers Carine Mettraux qui, depuis plusieurs années, avec son association SOS Chiens polaires basée à Payerne prend sous son aile les chiens polaires abandonnés. Cette femme a une foi, un amour et un désintéressement à toute épreuve. Si vous aimez les huskies et autres chiens polaires n'hésitez pas ou plus à la soutenir dans son action. 
SOS HUSKY
© Logo SOS CHIENS POLAIRES






























































































































































































































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* A ne pas confondre avec la
   notion de sujet-partenaire































































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* Pas étonnant d'ailleurs qu'en Alaska, la Mecque de la compétition de vitesse, beaucoup de mushers ont tôt fait de remplacer le traditionnel chien nordique par ce qu'ils appellent la race de l'Alaskan. En guise de race, il s'agit en fait d'un savant mélange (basé de manière scientifique sur le plan physique, génétique et organique) entre du nordique, du chien de chasse tel que le braque, du lévrier, voire du loup (pour son allonge et endurance). Connaissant les déchets et montagnes de morts à l'origine de cette sélection (chacun pratiquant ses essais et sa petite cuisine, et surtout se souciant de ne pas révéler sa recette) cela laisse à réfléchir. Sans parler des conséquences mentales avec le mélange de sang chaud et de sang froid.































































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* L'anthropomorphisme est l'attribution de caractéristiques comportementales ou morphologiques humaines à d'autres entités comme des animaux, des objets, des phénomènes, voire des idées.



































































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* Référence à l'armée américaine